
Sr Michelle Paul est décédée le 19 avril 2026, à l’âge de 88 ans, et 70 ans de Vie Religieuse. Les obsèques ont été célébrées le 22 avril 2026, 14h30, à la chapelle de Kermaria.
Sœur Michelle Paul est née à Berric (dans le Morbihan) le 27 août 1937, de parents cultivateurs. Elle a vécu sa Pâque dimanche 19 avril. Elle était la plus jeune d’une famille de 4 enfants. Un de ses frères, prêtre des Sacrés-Cœurs de Picpus, a passé sa vie de missionnaire au Pérou, occasion pour elle de s’ouvrir très tôt à la mission ad extra. Nous assurons ses trois nièces et ses amis présents ou en union avec nous aujourd’hui, de notre sympathie et de notre prière.
Michelle, entrée au postulat à 16 ans, a fait profession le 12 mai 1956 sous le nom de Sœur Marie-Théophane-Joseph.
Après des études pour l’obtention du baccalauréat et d’un certificat d’études pratiques d’anglais, de quelques années d’enseignement au collège Ste Thérèse de Keryado à Lorient, puis comme professeur au noviciat à Kermaria, c’est à l’Institut Regina Mundi de Rome, qu’elle fait ensuite trois années d’études théologiques. Cette expérience au cœur de l’Église, comme elle le disait, à la fin du Concile Vatican II, la marquera profondément et développera son sens de L’Eglise universelle et du monde.
À partir de 1968, c’est à Sainte Thérèse de Quimper qu’elle vivra sa mission, comme professeur et responsable de catéchèse au collège, puis comme responsable de l’aumônerie de tout l’établissement où elle donnera le meilleur d’elle-même dans la relation et les propositions pour les jeunes, jusqu’en 1981.
Mais c’est la formation biblique qui demeurera le fil rouge de sa vie et sa passion, quand ses autres responsabilités lui en laisseront le temps. C’est ainsi que, pendant 9 ans, elle sillonnera les routes du Finistère sud le soir, pour aider de nombreux groupes de laïcs à connaître et à s’ouvrir à la Parole de Dieu. À Port au Prince, en Haïti, elle sera appelée à participer à la formation des jeunes religieux et séminaristes au Centre Inter-Instituts de Formation Religieuse, le CIFOR. De retour en Bretagne, en 2015, elle collaborera encore à des propositions bibliques, à Languidic, Hennebont et Vannes, tant que ses forces le permettront. Ses compétences bibliques et théologiques auront aussi enrichi les prières et les partages des communautés où elle vivait.
Les témoignages recueillis auprès des personnes qui l’ont côtoyée à diverses étapes de sa vie soulignent que Michelle était une femme de conviction, droite et franche dans la relation, fraternelle, prête à reconnaître ses erreurs et à en tenir compte ensuite.
De caractère jovial, d’un abord facile, simple et direct, Michelle aimait la vie. D’une fidélité sans failles à ses amis, elle prenait soin de ses relations, leur rendant visite à chaque retour d’Haïti, par exemple, n’hésitant pas à s’inviter pour un bon repas, un temps de rencontre, de partage des joies et des souffrances des uns et des autres.
Michelle a toujours manifesté un attachement et un amour profond pour la Congrégation, ses fondateurs et ses fondatrices. Elle a largement contribué à la connaissance de leurs écrits, en particulier de ceux de Mère Marie de St Charles nous laissant aussi quelques poèmes. Ces textes étaient source d’inspiration pour sa vie personnelle et communautaire. Dans ses missions au service de la Province France, comme adjointe à la provinciale, comme conseillère générale et supérieure générale, sa foi et son courage l’ont guidée, malgré le doute parfois exprimé face aux lourdes responsabilités à assumer. Elle gardait le souci des personnes appelées à un service de Congrégation, prenant régulièrement de leurs nouvelles. Avec beaucoup de conviction, elle a soutenu les plus jeunes entités de la Congrégation d’Amérique latine et d’Afrique, et c’est dans cette logique de fidélité, qu’à la fin de son mandat de supérieure générale, qu’elle accueillera, en 1999, malgré sa fatigue, son envoi en mission en Haïti. Ses 15 années de présence auprès du peuple haïtien lourdement éprouvé par des événements traumatisants et des situations d’instabilité l’auront beaucoup marquée. Lors du tremblement de terre de 2010, la communauté de Port au Prince s’organisera pour accueillir, loger des personnes sans toit et leur procurer la sécurité. À son retour en France, en 2015, Michelle continuera à vibrer au rythme des événements de là-bas, s’informant quotidiennement de la vie du pays et elle restera proche des pères de St Jacques, témoin la présence aujourd’hui du Père Franklin.
Depuis quelques années, Michelle connaissait la gravité de son état. Elle y a fait face avec courage, soucieuse de ne pas faire peser sur son entourage les effets de sa maladie. Femme de foi et de prière, Michelle s’est préparée spirituellement à l’échéance de sa mort, dans la méditation, la rumination priante des psaumes, la prière à St Joseph. Elle a accueilli, un peu avec surprise, que son chemin allait se terminer, c’est dans l’abandon qu’elle a rendu paisiblement son dernier souffle.
Merci Michelle pour le témoignage que tu nous laisses, pour ton courage et ta force, pour tout ce que tu as donné à la Congrégation et à ceux et celles qui ont croisé ta route.

0 Comments