Sr Marie-Thérèse BESNARD (Sr Mie Cyrille de Jésus), 1932 – 2023

Que le Seigneur, te reçoive ainsi, sans rendez-vous, comme tu savais le faire !

Sr Marie-Thérèse, de la communauté Mère Sainte-Angèle, Kermaria, est décédée le 7 juin 2023 à l’hôpital de Pontivy, à l’âge de 91 ans, dont 69 ans de vie religieuse.

Ses obsèques ont eu lieu le samedi 10 juin à la chapelle de Kermaria.

C’est à Iffendic que Marie Thérèse a vu le jour en 1932 dans une famille d’agriculteurs, une famille de trois enfants vivant des fruits de la terre. Elle parlait très souvent de sa maman souffrant d’asthme, d’une sœur décédée jeune, de son frère Albert auquel elle était très attachée. Son départ l’a fortement perturbée. Mais heureusement, c’est avec reconnaissance qu’elle évoquait sa belle-sœur, ses neveux et nièces et petits neveux, petites nièces qu’elle estimait beaucoup, avec lesquels elle restait en contact fréquemment malgré les distances.

Après des études d’enseignante chez les sœurs de Saint Méen le Grand, c’est vers Kermaria qu’elle se tourne pour répondre à son projet de vie religieuse.

Le temps du noviciat fut une épreuve. Il fallait se plier au règlement. Terminé pour elle les fantaisies, les sorties improvisées. Mais Marie Thérèse résiste, se faufile entre les exigences mal comprises et suit son bonhomme de chemin.

Après sa profession religieuse en 1954, sa carrière d’enseignante la conduit à Plouay, Berric, Lieuron, Bédé, Domagné. L’école des petits qu’elle exerce avec talent la grandit en simplicité et originalité. Elle aimait raconter les relations qu’elle entretenait avec les familles et les gens du voisinage. Il y a quelques semaines elle a eu la grande joie de revoir d’anciens élèves devenus pères et grands-pères.

Ses amis, c’était surtout les pauvres, les exclus, les « non conformes » à nos critères de société. À l’heure de la retraite, en 1990, elle quitte son pays natal pour la Belgique où elle s’engage au « Chêne de Mambré » à Tournai.

Dans ce lieu d’accueil hébergeant des paumés, femmes battues, familles en grande détresse elle s’occupe en particulier des enfants qui trouvent en elle, non seulement une bonne éducatrice mais surtout une « mamy » attentive et pleine de générosité. Durant vingt années elle donnera le meilleur d’elle-même afin d’essayer de sortir ces laissés pour compte de l’anonymat.

Son oratoire c’était la rue où elle partait à la rencontre du Christ à travers ces conversations improvisées avec ceux qu’elle croisait. Sans crainte, sans complexes, sans préjugés elle allait avec humour et extravagance au-devant de tous.

Son évangile n’était pas enfermé dans les pages d’un livre mais dans le pain du partage et de la convivialité. Combien de fois, n’a-t-elle pas sorti la petite voiture pour aller çà et là récupérer les restes d’un repas à partager à toute heure du jour avec ceux qui souffrent de la faim ?

Combien de fois n’a-t-elle pas interpellé, telle ou telle association susceptible de financer des projets ouvrant aux jeunes qu’elle soutenait, les portes d’un travail ou d’un logement.

Sa prière ce n’était ni les rites ni les ritournelles… « je ne suis pas forte là-dessus » disait-elle, mais bien l’offrande de souffrances et demandes inspirées par les mille et un visages rencontrés dans sa journée ainsi que par les situations complexes qu’elle essayait de démêler en cachette.

Derrière ses chants joyeux et ses histoires longuement déployées, racontées à qui veut les entendre, Marie Thérèse cachait un cœur très sensible, vite impressionné.

Ses dernières années en Belgique ont été douloureuses. Malgré ses fragilités, elle a usé ses dernières forces en accompagnant Sœur Paula chaque jour de sa maladie. Ensuite il fallait fermer la communauté et finalement quitter après 32 années de présence au milieu de tous ceux qui étaient devenus de vrais amis.

Arrivée à Kermaria, dans la communauté Mère Sainte Angèle, en septembre dernier, elle s’est fixé comme principe de rendre les gens heureux à travers des gestes simples et des paroles inattendues. Elle se réjouissait de pouvoir donner du temps à l’ »Accueil de jour ». Aujourd’hui, elle s’en est allée, comme d’habitude, à petits pas, sans rien dire à personne.

Merci Marie Thérèse, tu nous as appris à aimer les petits, les exclus, à la manière des Filles de Jésus.

Que le Seigneur, te reçoive ainsi, sans rendez-vous, comme tu savais le faire !

Évite de le questionner, de raconter ce qu’il sait déjà.

Prends le temps de l’écouter, de le laisser t’apaiser… OK Marie Thérèse !

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