Sr Adélaïde LE PALUD  (Sr Monique LE PALUD),   1930 – 2023

Adélaïde Le Palud, Monique pour nous ses sœurs, nous rassemble aujourd’hui pour rendre grâce au Seigneur pour ses 93 années de vie.  Quelle que soit la durée de la présence ici-bas, un départ est toujours une rupture dans nos relations et nous fait souffrir.  A sa sœur Maria et à Eliane, sa sœur et filleule, à son beau-frère, à ses neveux et nièces, à toute la famille, à ses amis nous disons notre sympathie et nous les assurons de notre prière.

Monique est née à Grandchamp le 9 juillet 1930, de parents cultivateurs, elle était l’aînée de 4 filles. Entrée au postulat en 1948, elle fait profession en 1950. Après une année à Ste Thérèse de Quimper, elle poursuivra ses études tout en enseignant, baccalauréat à Ploërmel, puis licence d’espagnol à Rennes qu’elle obtiendra en 1960.

Elle enseignera ensuite au Sacré-Cœur de Ploërmel de 1959 à 1973. Des années intenses où, en plus de ses responsabilités d’enseignement de l’espagnol, elle sera investie dans beaucoup d’activités extra-scolaires, d’accompagnement d’équipes sportives, de Messagères du Christ…  Elle assumera aussi la coordination des sports de l’établissement. Ce fut l’occasion pour elle de développer des relations autres avec les élèves, les collègues et de voir des jeunes moins douées intellectuellement s’épanouir et réussir. Pendant 2 ans, elle sera aussi responsable de l’internat de 200 élèves, les années les plus heureuses de sa carrière professionnelle, dira-t-elle, où elle a goûté la joie d’écouter, consoler, encourager, stimuler, de prier avec les jeunes, de leur être proche en toutes circonstances.

En 1974, un autre besoin se faisant sentir, elle finira par accepter la direction de l’établissement jusqu’en 1980. Changer de statut sur le même lieu, restructurer, fédérer des équipes, accueillir la mixité, une période difficile pour Monique, avec des blessures, des défis à relever qui lui ont beaucoup coûté de sueur, de stress et de fatigue, malgré l’appui d’une bonne équipe de direction, le soutien de sa communauté. C’est dans ce cadre, qu’avec l’équipe éducative, que son souci constant des jeunes en difficulté l’amènera à mettre en place une structure éducative spécialisée pour les 6ème et 5ème de l’établissement.

Elle exercera la même mission de directrice au Sacré-cœur de Vannes pendant 4 ans, dans un contexte plus facile, de concertation et de confiance mutuelle.

En 1985, viendra un long temps de service dans la Province : Vice-provinciale de Rennes, où elle dit avoir beaucoup appris dans l’écoute des sœurs, dans leur recherche, leurs joies et leurs souffrances. Déléguée à la Tutelle des établissements catholiques d’enseignement de la Province pendant 3 ans, elle organisera le service, recréera des relations suivies avec les établissements. Pendant 10 ans elle assumera le secrétariat provincial.

En 2003, elle est envoyée à Pontivy pour la réouverture d’une nouvelle communauté, puis à Locminé, rue Jacques Cartier pendant 11 ans. En 2021, ses forces diminuant, sa vue baissant, elle rejoint Kermaria, la communauté Mère sainte Angèle d’abord, puis la Sainte Famille en août 2022.

Monique a toujours été une personne très courageuse, accomplissant son travail avec cœur et rigueur. Les missions confiées étaient menées jusqu’au bout quelles que soient les difficultés rencontrées, la fatigue, ses peurs parfois de ne pas être à la hauteur. Ses qualités de précision ont été très précieuses dans le travail de secrétariat de la Province, de l’aide au service de la Formation permanente de Vannes, de secrétariat du bureau et du Conseil d’administration de l’Association Perrine Samson pendant plusieurs années ou encore dans les conseils d’administration   de la Tutelle. Que de compte-rendu, de procès verbaux rédigés avec justesse, ciselés, a dit quelqu’un ! Travail de secrétariat obscur, aride parfois, délicat assez souvent, note-t-elle !

Monique était une personne à qui l’on pouvait faire confiance, une femme de bon conseil, fidèle en amitié, une femme de cœur aussi, réservée et d’une discrétion sans faille. C’était un appui sûr pour les personnes qu’elle secondait.

Exigeante pour elle-même, elle pouvait aussi l’être pour les autres mais elle faisait pleinement confiance aux personnes qui partageaient sa responsabilité. Son insécurité, le stress la rendait parfois nerveuse, mais elle était foncièrement bonne, et elle savait se remettre en cause.

Elle témoignait d’un attachement fort à la Congrégation. La communauté comptait beaucoup pour elle comme lieu de fraternité où chacune est appelée à donner le meilleur d’elle-même dans la prière, le partage, la convivialité et les moments de fête. Celles qui ont vécu avec elle se souviennent du sérieux de sa réflexion et de son investissement dans les rencontres communautaires. On comprend que, jusqu’au bout, à la sainte Famille, Monique ait été à la recherche de sa communauté et de ses sœurs.

Sa famille comptait beaucoup pour elle, elle s’inquiétait toujours pour les uns et les autres. Elle a été particulièrement bouleversée par l’accident qui a provoqué la mort de sa sœur Anne-Marie, de son beau-frère Marcel et d’un petit neveu en 1993, une blessure restée vive dans la famille et qu’elle portait profondément en elle.

Monique était une femme de foi profonde, d’obéissance et de prière. Elle écrira dans une relecture de vie : « Faire la volonté du Père, à la manière de Jésus, le fil rouge de ma vie, c’est à cela que je me suis accrochée tout au long de ma vie. J’ai appris peu à peu à m’abandonner, à compter sur Lui, à m’en remettre à Lui, un chemin à poursuivre ».

Monique, ouverte et intéressée par la vie du monde et de l’Église aimait rejoindre les communautés chrétiennes des paroisses et elle s’impliquait volontiers dans différentes équipes.

Les derniers mois ont été douloureux, elle a beaucoup souffert de ses handicaps grandissants.  Le stress qui a souvent marqué sa vie a sans doute   généré beaucoup d’angoisses les derniers temps.

Monique, ne crains pas, le Seigneur t’accueille dans son amour, plus d’angoisses, plus de peurs.  Sois dans la paix et dans la joie de rencontrer Celui que tu as cherché et servi. Nous remettons ta vie A-Dieu. Merci Monique.

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