
Sr Monique Guillemet est décédée le vendredi 17 octobre 2025, à 20h30,
à l’âge de 92 ans, dont 72 ans de vie religieuse.
Ses obsèques ont eu lieu, le mardi 21 octobre, matin, à 10h30, à la chapelle de Kermaria.
Nous nous retrouvons aujourd’hui pour dire au revoir à Monique Guillemet qui nous a quittés vendredi soir.
Monique est née le 20 février 1933 à Moustoir-Ac de parents cultivateurs. Elle était la dernière d’une fratrie de 6 enfants. Tout au long de sa vie, Monique est restée très proche de sa famille. A ses neveux et nièces, à toute sa famille, à ses amis, nous offrons notre sympathie et notre prière.
En 1950, Monique entre au postulat à Kermaria. Elle fait profession le 12 mai 1953 sous le nom de Sr Marie Céline Joseph. Elle est envoyée comme enseignante à Plouay, puis Inzinzac, St Marcel, St Brieuc de Mauron et après 2 années d’études à Angers, elle arrive à Rennes en 1972.
Ecoutons ce que Monique a écrit :
« Toute ma carrière professionnelle s’est déroulée dans l’enseignement, en primaire, d’abord en milieu rural, puis en périphérie de ville.
J’ai beaucoup aimé cette profession, ces jeunes enfants, en essayant toujours d’adapter la pédagogie pour que chacun puisse réussir.
Mais c’est dans les quartiers populaires que j’ai vécu plus de 40 ans qui ont marqué le plus mon histoire et orienté mon engagement.
D’abord à Rennes dans une communauté vivant en HLM. Appelée par les responsables de la Congrégation pour prendre la responsabilité d’une école qui se construisait en même temps que les immeubles dans la ZUP SUD. Cette école, contestée à l’époque par un certain milieu religieux, a grandi contre vents et marées et a réussi le pari d’être une école au service de la population du quartier quelque soit la culture et la religion (20 nationalités fréquentaient l’établissement: une grande richesse.) Là, j’ai surtout œuvré pour constituer une équipe pédagogique solide et unie autour d’un projet commun en y associant le plus possible de parents ; projet: une école ouverte sur le quartier, et surtout une pédagogie au service des enfants avec un souci particulier pour les enfants en difficultés (ouverture de classes d’adaptation) et créer ainsi une communauté éducative autour d’un programme commun.
Puis vint le temps de la retraite. Jai quitté la Bretagne pour l’Aisne, à St Quentin, pour fonder avec 2 autres sœurs une communauté en milieu très populaire, cité Quart Monde. Là ce fut un choc, une mise à l’épreuve, un face à face avec la grande pauvreté.
Près des habitants qu’il nous a fallu apprivoiser, nous nous sommes beaucoup investies: participation aux diverses activités du Centre social, formation de groupes de réflexions de parents, surtout des femmes, autour de leur situation, de leurs droits et devoirs, de leur devenir et du devenir de leur cité, création de réseaux avec les services sociaux et administratifs; tout cela dans la mouvance de ATD QUART MONDE. L’Eglise n’était pas présente dans cette cité; notre présence les a interrogés et nous avons accompagné de nombreux enfants et jeunes non-baptisés vers ce sacrement.
Nouvelle étape, cette fois dans l’Allier à Yzeure, pour une fondation de communauté toujours en quartier populaire .Là, j’ai baigné plus qu’ailleurs dans l’interculturel par l’alphabétisation de personnes étrangères venant de tous les continents, tout en privilégiant ma présence auprès des familles précaires et en tissant des liens avec elles.
Toutes ces présences de vie en HLM, dans ces milieux défavorisés ont été pour moi une grande richesse et une école de patience, d’humilité, de discernement, d’amour du plus pauvre. Vivre avec eux et parmi eux, m’a appris ce que galérer pour sa survie voulait dire au quotidien. Aujourd’hui, je rends grâces pour toutes ces années vécues parmi ce peuple aimé de Dieu qui ont tissé mon histoire et qui m’ont donné de vivre le charisme de notre congrégation :”Humaniser à la manière de Jésus, tisser des liens de fraternité”. »
Une dame de St Quentin qui a travaillé avec Monique au Centre social témoigne de la capacité de Monique à s’adapter aux jeunes et aux adultes grâce à son sens pédagogique. Un des jeunes est devenu directeur du Centre social. Et le contact de la communauté avec le maire a permis une réhabilitation des logements.
Monique avait mis aussi sur pied un groupe inter congrégation d’enseignantes qui se réunissait une fois par mois pour une révision de vie, de 1980 à 2012. La discussion, les échanges, le partage étaient importants pour elle. En communauté elle avait le souci de créer un climat de confiance et de liberté, avec la connaissance réciproque des familles des sœurs.
Arrivée à Vannes en 2012, Monique venait régulièrement pour assurer le standard à Kermaria. Passionnée d’informatique, elle a dépanné beaucoup de sœurs qui avaient des problèmes avec le téléphone ou l’ordinateur, ainsi qu’au Centre social de Kercado.! Lors de la fermeture de la communauté, en 2019, Monique rejoint celle d’Angélique Périgault à Kermaria. Elle continue son service à l’accueil et elle se donne à plein, et avec bonheur, pour l’apprentissage du français aux jeunes migrants qui sont à Kermaria.
Mais son état de santé s’est dégradé et Monique rejoint la communauté Pierre Noury en 2024. C’est là que, bien entourée par les sœurs et le personnel, Monique s’est éteinte très doucement, vendredi dernier.
Monique, nous te disons merci pour ta vie toute donnée. Rejoins Celui à qui tu as fait confiance et qui t’a animée au plus profond du cœur. Au revoir, Monique !

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