Sœur Agathe Le May (Marie Baptista) 1910-2014

Sœur Agathe LE MAY est décédée à la Sainte Famille de Kermaria Agathe Le Mayle 28 janvier 2014, à l’âge de 103 ans, dont 86 années de vie religieuse.

Mot d’accueil

Le 18 décembre 2010, nous étions rassemblés dans cette chapelle pour rendre grâce à Dieu à l’occasion des 100 ans de Sœur Agathe. Aujourd’hui, nous nous retrouvons, famille et sœurs, pour célébrer son passage vers la maison du Père.

Agathe Le May est née le 16 décembre 1910, à Radenac. Avec sa sœur jumelle, Clotilde, elle est la troisième d’une famille profondément chrétienne de 8 enfants.

Dès 16 ans, Agathe s’oriente vers la vie religieuse et entre à Kermaria où elle fera Profession le 4 août 1928. Pendant 51 ans, elle enseigne dans plusieurs communes : Guilliers, Plumelec, Pipriac, Lohéac, Saint Marcel , Le Rheu, la Chapelle-Neuve, Bédée. Elle racontait souvent que la conseillère pédagogique de l’époque avait dit aux Supérieures de lui confier les jeunes enfants, étant donnée sa petite taille. Cependant, c’est avec les élèves du Cours moyen et de Fin d’Etudes primaires qu’elle réussira le mieux. En effet, elle était douée d’une autorité naturelle que tous acceptaient.

Cette autorité se manifestera dans un événement tragique lors de la guerre de 39-45. A ce moment, Agathe enseigne à l’école Sainte Thérèse de Saint Marcel. Le 18 juin, 1944, les Allemands veulent incendier tout le bourg. Elle se poste devant eux. « Où allez-vous ?» dit-elle « Nous allons tout incendier » répondent-ils. « Ah, non ! Là c’est mon école, je ne veux pas que vous y mettiez le feu ! » Agathe, rapportant cet épisode, dira simplement : « Ils m’ont obéi » Grâce à elle, les monuments publics et religieux ont été épargnés. Le 21 juin 2009, à l’occasion du 65ème anniversaire de la bataille de Saint Marcel, Agathe est décorée pour sa bravoure.

Après une carrière d’enseignante bien remplie, Agathe rejoint la Maison-Mère en 1979 où elle est heureuse de rendre différents services, selon ses possibilités. A 99 ans, elle faisait encore la lecture à une sœur malvoyante. Elle s’estimait heureuse d’avoir une bonne vue qui compensait sa surdité. La lecture assidue des journaux lui permettait de suivre l’actualité. Longtemps, elle a lu des livres religieux et jamais, elle ne s’est séparée de son Prions en Eglise, lisant et méditant chaque jour les textes proposés. Elle avait la même fidélité à l’égard de la prière liturgique de l’Eglise qu’on appelle la prière des Heures. Elle estimait qu’elle avait bien le temps de prier… Si elle était sollicitée pour une lecture de la Parole de Dieu, elle le faisait avec beaucoup de conviction.

Elle reconnaissait, sans s’appesantir, que sa surdité nuisait à ses relations de communauté ou de famille. Elle ne pouvait pas participer aux conversations à table ou en réunion mais elle le vivait positivement en essayant d’être agréable. Elle manifestait beaucoup de joie lorsqu’on lui faisait plaisir et était très reconnaissante pour les services rendus. Ses visiteurs, sœurs ou personnes de sa famille étaient accueillies avec un large sourire.

En janvier 2013, un problème de santé l’oblige à garder le lit, ce qui lui est très pénible. Mais, en même temps, elle pense que c’est peut-être l’heure de l’ultime rencontre. Sa foi lui fait entrevoir l’au-delà. Mains ouvertes, elle fredonne souvent « Prends ma vie Seigneur, prends ma vie » mais, comme Jésus, elle ajoute : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »

Agathe, tu viens de rejoindre Celui que tu as aimé et servi. Merci pour le beau témoignage que tu nous laisses. Avec toi, nous rendons grâce.

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