
Sr Anne est décédée le 9 juin 2025 à St Michael’s Care, Westgate-on-Sea, à l’âge de 87 ans, dont 58 ans de vie religieuse.
Ses obsèques auront lieu le 25 juin à 14h à Thanet Crematorium, Margate.
Barbara Anne Vernon Thompson est née le 7 mai 1938 à Woolwich, dans le sud-est de Londres, l’aînée d’une fratrie de trois filles, dans une famille pratiquante de confession anglicane. Leur père a été mobilisé pendant la guerre et leur mère s’est retrouvée seule pour élever ses filles. Souhaitant leur offrir une bonne école dans le quartier, elle les a envoyées à l’école conventuelle St-Joseph. Sans surprise, Anne devint plus tard catholique, mais seulement après avoir quitté l’école et suivi une formation d’infirmière à l’hôpital St-Thomas. Après sa formation d’infirmière, elle obtint son diplôme de sage-femme, une profession qu’elle aimait et qu’elle exerça de manière intermittente pendant de nombreuses années.
Anne entra au noviciat des Filles de Jésus en 1963. À l’époque, il n’y avait aucune Sœur en Angleterre exerçant une profession dans le domaine de la santé. Après avoir prononcé ses vœux religieux en 1966, elle est restée à Massingham pour s’occuper des Sœurs âgées et malades, ce pour quoi elle s’est toujours sentie peu douée. Finalement, en 1968, elle a été envoyée à l’École de médecine tropicale d’Anvers, en Belgique, afin de se préparer à partir en mission dans un pays étranger. Elle a alors vécu dans la communauté des Sœurs de Tournai et a commencé à fréquenter une communauté française.
En 1967, elle fut envoyée au Cameroun en tant que sage-femme, où elle travailla pendant trois ans jusqu’à ce qu’un grave accident de la route la laisse presque paralysée. Après sa convalescence en Angleterre, elle travailla durant un certain temps dans le domaine social avant d’occuper un poste de sage-femme à l’hôpital de Kent et Canterbury. En 1973, elle a suivi une formation de formatrice en obstétrique, fonction qu’elle a exercée à l’hôpital Pembury et à l’hôpital Kent and Canterbury pendant plusieurs années, jusqu’à ce qu’elle ressente l’appel de retourner au Cameroun. Ce retour a été de courte durée, car un autre accident l’a obligée à revenir en Angleterre, où elle a repris la formation des sages-femmes. En 1985, elle a été formatrice, puis directrice adjointe de l’École de sages-femmes Olive Hayden. En 1987, elle a été détachée à temps partiel auprès du Conseil National Anglais et de l’Université du Surrey pour étudier l’accès direct à la profession de sage-femme. En 1990, elle était maîtresse de conférences au Collège Royal de Sages-femmes.
En 1994, elle a été recrutée pour occuper un poste de premier plan dans le domaine de la sage-femme à l’Organisation mondiale de la Santé, basée à Genève, en Suisse. À ce titre, elle a visité de nombreux pays et a donné des conseils sur des projets dans le cadre du programme « Maternité sans risques », auquel elle a largement contribué.
Parmi les nombreux talents d’Anne, elle a occupé pendant six ans le poste de Provinciale. Elle a également été économe en Angleterre durant 12 ans, où elle a œuvré pour établir les finances de la Province sur des bases solides et sûres. Au cours de ces années, elle a par ailleurs été membre exécutif de la Conférence des religieux/euses et a apporté une contribution précieuse à la conférence annuelle des économes.
Ses années passées à l’Organisation mondiale de la Santé lui ont permis de se faire de nombreux amis et de prolonger ses voyages professionnels par des visites touristiques qu’elle appréciait beaucoup et pour lesquelles elle exprimait une profonde gratitude.
On disait qu’Anne n’était pas du genre à parler de choses et d’autres, mais sa sensibilité, son intelligence, sa compassion et son humour la rendaient très attachante, comme en témoignent les hommages rendus par ses amis et collègues de travail.
Anne a été prise en charge avec amour par le personnel de St Michael’s, malgré les divergences d’opinion qui surgissaient parfois entre la patiente et ses soignants ! Anne est restée une personnalité forte, « une femme indépendante » jusqu’à la fin ! Elle s’est éteinte paisiblement après avoir reçu la visite affectueuse de sa sœur, une semaine avant son décès.
Au moment de lui dire adieu, nous pouvons reprendre les mots du Cardinal Newman pour rendre grâce pour une vie si riche et si fructueuse :
«Si longtemps Ta puissance m’a guidé – elle continuera sûrement à me guider, à travers les landes et les marais, les rochers et les torrents jusqu’à ce que la nuit s’en aille, … et qu’au matin, ces visages d’anges sourirent, que j’ai aimés depuis longtemps et perdus pendant un temps, … et que j»ai maintenant retrouvés dans la plénitude de la joie.»

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