
Sr Anne-Marie LE DOUARIN, est décédée le 4 mars, à la Ste Famille à l’âge de 94 ans dont 75 ans de Vie religieuse.
Les obsèques ont été célébrées samedi 7 mars à 14h30 à la chapelle de Kermaria.
Anne Marie le Douarin nous a quittés au matin du 4 mars.
Nous assurons sa famille ici présente de notre prière et de notre sympathie.
Anne Marie est née le 8 février 1932 à Luzulec en Ploeren. Elle est la cadette d’une famille de 12 enfants, dont deux sont décédés en bas âge. Ses parents sont agriculteurs.
Anne Marie entre au postulat de Kermaria en septembre 1949, y suit sa formation de religieuse et fait sa profession en 1951. Elle prend le nom de Sœur Maria Goretti, cette petite sainte italienne décédée à l’âge de 12 ans, puis part enseigner en école primaire jusqu’en 1979, de la classe enfantine au cours de fin d’études, en passant par le cours préparatoire et le cours moyen. Elle connaît les écoles de Breteil en Ille et Vilaine, Quéven, Moustoir-Ac, St Gonnery. Dans cette dernière, elle y est directrice.
Angers lui offre une année de césure d’études religieuses.
En 1981, Anne Marie est envoyée comme aide-ménagère au Croisty, avant de rejoindre Bruxelles l’année suivante, en préparation de son départ vers une mission lointaine.
1983 sonne le départ pour le Cameroun.
Elle vit successivement dans 5 communautés différentes : Bibey et Minta, dans un premier temps, puis après une année de repos en Bretagne, elle repart en 1991 pour Nkoteng, Tignère, et enfin Meiganga d’où elle ne reviendra qu’en 2009. Anne Marie reste donc 25 ans en terre africaine.
A Bibey, Anne Marie y travaille avec une autre sœur à la formation des catéchistes dans les postes centraux de la paroisse. La formation dure en général 3 jours.
A Tignère, elle participe à la catéchèse de la paroisse, et visite aussi les prisonniers.
Dans ces différents lieux, elle s’intégre avec, pourrait-on dire, l’intelligence du cœur. Sa présence aux enfants comme aux adultes est remarquable. Dans sa manière de vivre, elle entre très simplement en relation.
Très serviable, elle assume, avec beaucoup de conscience et de soins, les tâches communautaires de manière discrète.
Sur le plan pastoral, elle a le souci de préparer la relève pour le temps où les sœurs ne seront plus là. La catéchèse est l’une de ses priorités avec le souci de former les catéchistes. Elle allait régulièrement les rencontrer, partant dans des villages bien éloignés en brousse.
Toujours très proche des enfants, elle leur communique le goût de se cultiver en assurant des heures de présence dans de petites bibliothèques créées sur place.
Son sourire, son humour ne laissaient jamais indifférent. Elle s’investissait dans le milieu où elle arrivait mais en même temps, elle n’oubliait pas le côté matériel comme le jardin, le poulailler, les lapins, nécessaires pour le quotidien.
Ecoutons des partages de sœurs africaines :
» C’est une femme de prière, discrète, humble.» Elle avait un amour spécial envers les tout petits. La proximité avec les plus défavorisés a fait d’elle une personne exemplaire au sein de la population. A Nkoteng, chaque fin de semaine, elle remplissait une jarre d’eau pour les différents groupes de la paroisse. Elle parcourait des kilomètres à pied pour aller donner des cours d’enseignement ménager aux femmes des ouvriers du Camp Nanga (lieu de l’usine de canne à sucre).
Je rends grâce à Dieu pour l’avoir connue et pour son témoignage de vie très simple. Cela a marqué ma vie religieuse. »
« Soeur Anne Marie est l’une des premières Filles de Jésus avec qui j’ai vécu à Nkoteng. Je lui dois beaucoup : ma formation humaine et intellectuelle des débuts, et même ce que je suis aujourd’hui.
Une femme simple, silencieuse, très proche des gens surtout les plus pauvres. Elle a apporté le Christ aux ouvriers et aux cadres de la SOCUCAM, la société sucrière du Cameroun à Nkoteng Mbandjok. Pour s’y rendre, elle prenait le même camion que les manœuvres de la société. Eux allaient couper la canne à sucre et elle allait donner la catéchèse et la formation humaine. Je m’en souviens encore comme si c’était hier. »
Au retour d’Afrique, Anne Marie intègre la communauté de Languidic en 2009, puis Pierre Noury en 2018, et la Ste Famille en 2024, où l’on a apprécié son sens de l’humour et sa simplicité. Chaque personne qui la visitait avait droit à un merci.
Anne Marie nous quitte dans la nuit du 4 mars. Elle s’est éteinte tout doucement, sans souffrir.
Merci Anne Marie pour les belles traces que tu as laissées, là où tu es passée.
Prie pour tes sœurs de la congrégation, ta famille, tes amis, comme tu le faisais toute ta vie sur terre. A Dieu Anne Marie, repose en paix.

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