Sœur GARY Marie Elisabeth (1930-2017)

Sœur Elisabeth GARY est décédée à Vaylats le 17 février 2017 dans sa 87 ème année. Elle s’est engagée dans la vie religieuse en 1950. Ayant fait don de son corps à la médecine, une célébration eucharistique s’est vécue à la communauté de Vaylats la mardi 21 février à 15h.

Mot d’accueil

Sœur Elisabeth,

Marie Gary, vous êtes née à St Georges de St Vite, en Lot et Garonne, le 14 avril 1930. Vous avez été baptisée le lendemain de votre naissance, d’une part parce que cela était courant à l’époque, d’autre part parce que votre vie était en danger. Vous aviez de fortes chances de ne pas survivre. Aussi, est-ce dès les premiers instants de votre vie que vous êtes entrée dans un combat courageux pour vivre, défendre la vie, la vôtre, mais aussi celle de nombreuses personnes qui ont croisé votre chemin. Vous êtes née dans une famille profondément chrétienne, enracinée dans la foi, vivant au quotidien des valeurs humaines et évangéliques qui ont marqué votre histoire et votre personnalité. Cet enracinement familial, la complicité et le soutien de vos frères et sœurs furent une richesse pour affronter l’épreuve quand la santé fut fragile, les opérations nombreuses, le handicap à assumer…

Ce combat mené dès les premières heures de la vie, puis pendant votre adolescence, votre jeunesse et toute votre vie a forgé votre personnalité : une femme forte, entreprenante, courageuse, volontaire oubliant parfois les demi-mesures, ne s’apitoyant jamais sur sa propre souffrance parfois jusqu’à l’extrême, mais un cœur ouvert à l’autre, capable de compassion en particulier envers les plus fragiles ou les plus démunis.

C’est au cœur de ce combat que le Seigneur lui-même s’est fait connaître à vous d’une manière particulière. A l’école primaire, vous aviez connu les Filles de Jésus présentes dans votre village. La simplicité vécue dans la Congrégation, l’attachement inconditionnel au Christ en tant que « Filles de Jésus » rejoignait votre désir profond : tout quitter pour le Christ, se conformer à Lui, livrer toute votre vie pour le service de vos frères.

» Les Sœurs seront enflammées de l’amour de Dieu, ne respireront que sa gloire et brûleront du désir le plus ardent de la procurer. Elles se revêtiront de la charité de Jésus-Christ même, pour l’exercer envers tous les malheureux qui leur seront confiés : enfants, vieillards, malades ou infirmes « Règle de vie.

Vous entrez dans la Congrégation des « Filles de Jésus » le 24 mai 1948 et prononcez vos premiers vœux le 21 septembre 1950. Après quelques années en communauté à Vaylats, Concots, et Cahors, vous êtes envoyée à Casteljaloux, en 1957. Educatrice et enseignante dans l’âme, vous ne laissez pas votre handicap physique prendre le dessus, aussi votre passion pour le Christ, les enfants et les jeunes se déploie-t-elle à l’Ecole Ste Marie. Pédagogue passionnée vous êtes attentive aux collègues plus démunies ou moins expérimentées. Vous savez leur consacre du temps, leur redonner confiance ou leur communiquer quelques-uns de vos secrets pour réussir, alliant douceur et fermeté.

Vous aviez un don particulier pour croire en l’autre et aller chercher au fond de lui ce qu’il y a de meilleur, ce qui va lui permettre de se mettre debout, d’affronter courageusement la vie. Votre propre chemin de souffrance physique, votre rencontre du Christ au cœur de son abaissement, don vécu jusqu’à l’extrême, n’ont-ils pas creusé en vous un sillon vous permettant de vous faire proche de celui qui souffre dans son corps, dans son cœur, dans toutes les dimensions de son être ? Nombreux sont ceux qui pourraient témoigner de votre présence sur leur route, de la présence fraternelle de la Communauté religieuse, en particulier à Casteljaloux. Ensemble, avec vos Sœurs, vous leur avez permis d’être et de devenir ce qu’ils sont aujourd’hui.

Par sa vie totalement livrée au Père et à ses frères, Jésus-Christ nous révèle l’amour et la tendresse de Dieu pour nous. L’amour véritable reconnait l’autre dans sa dignité le respecte pleinement et lui permet de grandir dans l’autonomie et la liberté. Cet amour, nous le vivons dans le célibat consacré qui ne nous donne de droit sur personne, qui nous libère et nous rend disponible. Règle de vie

Après 26 années vécues à Casteljaloux, en 1983 la Congrégation vous appelle pour le service de L’Economat. Vous m’avez souvent partagé votre étonnement vous demandant si les Supérieures avaient bien réfléchi en vous appelant à ce service. C’est avec le désir de réaliser la volonté de Dieu que vous avez accepté cette responsabilité. Vous n’aviez peut-être pas au départ toutes les compétences, mais vous avez su utiliser vos dons personnels cachés et nombreux, vous former et enfin aimer cette nouvelle mission confiée. Tous ceux qui ont travaillé avec vous ont apprécié votre savoir-faire, votre rigueur, votre souci de justice et votre compétence pour gérer des biens au service de la mission en fidélité au charisme. Vous nous avez aidées et entraînées sur le chemin de la pauvreté en vivant la mise en commun des biens, la simplicité et la justice sociale.

Dans un monde marqué par l’inégale répartition des richesses, nous considérons comme un devoir de justice de partager nos biens avec les plus défavorisés, une fois assuré en Communauté et en Congrégation ce qui est nécessaire à notre vie et à notre mission. Règle de vie

Votre ouverture à une dimension universelle vous rendait attentive à la vie de nos Sœurs et en particulier des plus jeunes sur d’autres continents. La présence, en Algérie, de votre cousin Claude, prêtre, nous a permis de mieux entrer dans la compréhension de ce peuple si attachant et de se sentir « frères » au cœur de la diversité de nos religions. A travers votre engagement en paroisse, dans les équipes liturgiques ou d’animation pastorale vous pu partager cette dimension d’ouverture à l’universel qui vous tenait à cœur.

La maladie et le handicap qui ont été vos compagnons tout au long de la vie ne vous ont pas épargné ces derniers temps et vous ont entraînée sur un chemin de désappropriation difficile à accepter et à vivre.

Soutenue et accompagnée par l’équipe des soignants et tout le personnel pour lequel vous aviez une grande reconnaissance, entourée de la présence fraternelle et spirituelle de vos Sœurs, votre famille et vos amis, vous avez pu lâcher prise et accueillir le don de la paix que le Seigneur désirait déposer en vous. C’est, habitée par cette sérénité que vous avez remis votre vie entre les mains du Père :

Père, me voici, sans retard, sans réserve, sans retour…

Vie reçue, vie donnée au quotidien, humblement, simplement, jusqu’au bout, passionnée de Dieu, passionnée des hommes vos frères pour qui vous donnez ce corps de chair pour qu’il puisse servir pour faire avancer la recherche médicale.

Elisabeth, même si quelquefois votre ascèse et vos choix un peu absolus ont pu nous poser question à votre famille ou à vos Sœurs, vous nous laissez un bel exemple de vie et un bel héritage. Quelle que soit notre histoire et nos vocations différentes, nous saurons puiser ce qui, aujourd’hui peut fortifier nos vies dans un monde en quête de sens.

Unies à votre nombreuse famille dans la peine, unies à nos Sœurs »Filles de Jésus » qui se sont manifestées des 4 coins du monde, unies à tous vos amis, nous rendons grâce pour votre vie donnée et demandons à Dieu de faire fructifier selon sa volonté ce qui a été semé.

Nous voici devant toi, ô notre Père,

Rassemblés devant toi pour ta plus grande Gloire


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