
DÉPART D’UNE VOYAGEUSE POUR SON DERNIER VOYAGE
Nicole est née à St-Louis-du Ha! Ha! dans le Témiscouata le 31 mars 1944. Elle est l’aînée d’une famille de 16 enfants (11 filles et 5 garçons). Très tôt elle doit demeurer à la maison pour apporter de l’aide à sa maman. De ce fait, elle a dû arrêter l’école après le primaire même si elle souhaitait continuer ses études pour devenir enseignante. Ce fut un moment difficile pour elle d’accepter de laisser son rêve de côté pour le bien-être de la famille.
À l’âge de 17 ans, Nicole éprouve le désir de devenir religieuse. Pour concrétiser cet appel, son choix se porte vers les Filles de Jésus. Quitter sa famille fut un autre moment difficile, on la trouvait trop jeune pour partir. Aller faire son noviciat à Trois-Rivières c’était comme l’autre bout du monde pour Nicole; elle, qui n’est jamais allée plus loin que Rivière-du-Loup, cependant rien ne l’arrête. Se doutait-elle qu’à partir de ce moment les grands voyages, liés à sa mission apostolique, allaient s’échelonner tout au long de sa vie de religieuse ?
Le 12 mai 1964 elle fait profession chez les Filles de Jésus. Son talent en art culinaire l’amène à nouer le tablier de service à St-Jean-de-la-Lande et à Caplan. Une année doctrinale lui est offerte à Rimouski et le 29 juin 1969 elle prononce ses vœux perpétuels là où elle a grandi à St-Louis du Ha! Ha!
Nicole rêve d’être missionnaire en mission lointaine. Fin juillet 1969, c’est le départ pour Haïti en compagnie de 3 autres compagnes : Jacqueline Dionne, Rose-Emma Lavoie et Marielle Cyr. Toutes les 4 ont pour mission de fonder une communauté à Bonneau. Après 4 ans, en 1973, Nicole reçoit l’obédience pour la nouvelle mission ouverte à La Croix St-Joseph toujours en Haïti. Sa santé se détériore et une grande fatigue l’amène à revenir à Rimouski en 1978 pour se refaire sans espoir de retourner en mission lointaine. Après un bon repos, elle s’engage donc avec le CLSC pour le service d’aide à domicile. Elle entreprend des études en santé communautaire et en gérontologie. Elle participe aussi aux différentes activités paroissiales. Elle apprend comme loisir l’art de prendre des photos.
Et pourtant, en juin 1995, on lui demande de partir à nouveau pour la mission lointaine cette fois-ci pour le Cameroun en Afrique ce que Nicole accepte généreusement. Une autre aventure missionnaire l’attend en s’intégrant dans des communautés à caractère international où se côtoient françaises, belges, camerounaises, congolaises… S’inculturer, s’adapter, écouter, regarder puis s’impliquer en paroisse au niveau de la catéchèse et des mouvements de jeunes. Son engagement en milieu africain semblait pouvoir se poursuivre durant plusieurs années. Mais, quand la maladie frappe, tout s’arrête. Un grave paludisme cérébral a failli mettre fin à ses jours en terre africaine. Bien soignée elle reprend vie et espère continuer ses engagements après un nécessaire long repos. Mais ce paludisme a été trop grave pour espérer demeurer au Cameroun et après discernement avec sa provinciale, en juin 2015, Nicole reprend le chemin du retour vers Rimouski, les larmes aux yeux, épuisée par la maladie.
Le retour à Rimouski lui permet de prendre le repos nécessaire et en douceur s’adapter à vivre dans une grande communauté. Heureuse de découvrir une vie communautaire vivante et dynamisante, des sœurs qu’elle aime beaucoup. Avec joie, elle se rend disponible pour divers petits services. Le casse-tête est un loisir à partager avec d’autres. L’adaptation au froid de l’hiver, après tant d’années à la chaleur africaine, la fait s’emmitoufler plus que les autres sœurs de la maison… gilet par-dessus gilet voilà la solution.
Sa vie témoigne bien de l’esprit de notre Règle de vie :
« Nous cherchons à nous enraciner dans un peuple,
à être présentes dans les milieux modestes,
avec une tendresse particulière pour les plus pauvres.
Dans la mesure compatible avec notre consécration religieuse,
nous partageons le travail et la condition ordinaire des hommes et des femmes de notre temps, nous souvenant que, tout en étant dans le monde nous ne sommes pas du monde. »

0 commentaires