Sœur Yvonne CYR, f.j. (Marie Pierre Émile)

 

Yvonne CYR

 

Vice-province de Rimouski  (Québec)                                            

Extrait d’un article paru dans la revue L’Écho sayabécois- mai-juin 2010, volume 30, n° 5, p. 39

JOIE DE VIVRE D’UNE RELIGIEUSE

Je suis née à St-Charles-de-Caplan, fille de Émile Cyr, Caplan et de Marie Cyr, Caps Noirs.  Je suis la 6e d’une famille de 14 enfants dont deux neveux adoptés après le décès de ma sœur Léocadie.  J’ai toujours connu une maison remplie de monde.  Mon grand-père paternel, un oncle et une tante vivaient chez nous avec mes parents jusqu’à ce que je sois en âge d’aller en classe.

J’ai le souvenir d’une enfance heureuse.  J’ai fréquenté l’école du rang 2 et celle du village de Caplan pour mon secondaire.  Toutefois, ma 9e année s’est terminée chez moi.  Ma sœur Itha était enseignante et c’est elle qui me donnait les explications dont j’avais besoin.

Pendant mes examens de fin d’année, notre demeure a été en proie des flammes.  En septembre, l’inspecteur Leblanc avait besoin d’une institutrice pour une école à Paspébiac; il m’a offert le poste, même si je n’avais que 15 ans et un certificat de 9e année.  Puisque l’on venait de passer au feu, j’ai accepté, un peu craintive, et j’ai enseigné deux ans dans cette paroisse.  Pendant les vacances, je me rendais à l’École normale de Gaspé pour du perfectionnement.

Ma carrière s’est poursuivie dans les rangs 3 et 2 Ouest de Caplan, et un an chez nous où j’ai enseigné à deux de mes frères et à une sœur.  Cette expérience m’a aidée à développer une grande impartialité, car il me fallait être juste pour tous les élèves.  Je garde un très bon souvenir de ces années d’enseignement pendant lesquelles je m’interrogeais sur ma vocation.  Qu’est-ce que le Seigneur voulait de moi?  Où serais-je la plus heureuse?

Dans mes allées et venues, en me rendant à la rencontre de mes élèves, je priais l’Esprit-Saint de m’éclairer pour faire le bon choix.  J’ai rencontré des garçons, mais l’appel à la vie religieuse ne me quittait pas.  Je connaissais les Filles de Jésus de Caplan et les Ursulines de Gaspé; j’avais une tante chez les Sœurs de la Providence.  Les unes et les autres m’avaient impressionnée par leur joie de vivre.  Après six ans d’enseignement, j’ai décidé d’entrer chez les Filles de Jésus à Trois-Rivières.

Pendant mon noviciat, j’ai étudié pour obtenir un brevet d’enseignement tout en recevant une formation à la vie religieuse.  Après deux ans de préparation, j’ai prononcé les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.  J’ai enseigné dans la Mauricie et à Trois-Rivières. Cinq ans plus tard, je suis allée à notre Maison-Mère à Kermaria en Bretagne pour me préparer à mes vœux perpétuels et je suis revenue à Trois-Rivières jusqu’en 1963.

Mes supérieures m’ont alors demandé de venir enseigner au secondaire à St-Benoit-de-Packington.  J’y suis demeurée dix ans dont huit à la direction de l’école.  Le regroupement des écoles étant arrivé, j’ai pris la direction de l’école de St-Émile-d’Auclair.  Même si j ‘aimais ce travail auprès des enseignants et des étudiants, je souhaitais revenir à l’enseignement et j’ai obtenu un poste à demi-temps dans la paroisse où je demeurais.  Ce qui m’a permis de me reposer un peu.

Par la suite, un travail à temps plein m’a obligée à voyager dans les trois paroisses voisines.  J’ai dû apprendre à conduire la voiture.  Le Témiscouata est renommé pour ses endroits montagneux.  Ce qui devait arriver arriva: une sortie de route m’a appris la prudence et la vitesse modérée.  Après douze années dans ce beau coin appelé l’arrière-pays, j’ai décidé de prendre ma retraite et je suis allée un an me ressourcer spirituellement.  La vie active s’est ensuite poursuivie dans un itinéraire qui a répondu à mon besoin de travailler avec les gens.

À la maison Marie-Reine-de-la-Paix des Caps Noirs, les Pères Oblats avaient besoin d’une personne pour aider à l’animation et à l’accueil.  J’y ai travaillé huit ans à des tâches variées.  Je garde un bon souvenir de ces années où j’ai reçu beaucoup plus que j’ai donné.  Je crois que j’ai laissé un petit morceau de mon cœur en cette belle Gaspésie.

Arrivée à Sayabec en 1992, je me suis impliquée auprès des jeunes du primaire éprouvant des difficultés d’apprentissage.  Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir atteint mon objectif : de nombreux jeunes sont venus demander de l’aide, d’autres m’ont été suggérés par les enseignants et aucun n’a quitté avant d’avoir au moins fait son secondaire V ; plusieurs sont à leur 1re ou 2e année de cégep. Je continue toujours dans ce domaine.

L’année suivante, j’ai assumé la responsabilité de Développement et Paix pour que cette cause reprenne vie.  Depuis 16 ans, les gens s’impliquent et ils sont de plus en plus nombreux à travailler dans ce mouvement.  Pour ma part, je ne manque pas une occasion de faire connaître la cause en vendant mes conserves et mes petits pains pour générer des profits qui s’ajouteront à la collecte annuelle.  En équipe, nous recueillons les dons et nous organisons le « Souper de la Faim ».  Cette année, à l’occasion de notre 10e souper, notre évêque, Mgr Pierre-André Fournier et madame Odette Bernatchez sont venus se joindre à nous.  Mgr m’a remis un diplôme de reconnaissance de la part de Développement et Paix.  Je partage cet honneur avec toute l’équipe qui me seconde dans cette œuvre humanitaire.

Depuis 1998, j’accompagne, à Sayabec, un groupe d’associéEs des Filles de Jésus.  Je fais partie du Club des 50 ans et + de l’AFÉAS où l’on m’a confié la responsabilité d’une réflexion spirituelle au début de chaque rencontre.  Avec une dame, j’anime un groupe de la Vie Montante.  Je m’implique aussi dans la liturgie, on peut compter sur ma participation tant dans les célébrations eucharistiques que dans les ADACES.

J’attache de l’importance à la marche et deux fois la semaine je vais aux exercices de « Vie active ». Je trouve que c’est important un équilibre au milieu de mes autres activités.  Quand arrive le printemps, je suis heureuse de voir mes plates-bandes dégagées de neige.  Je m’émerveille en voyant pointer les petits plants et j’ai du bonheur à les partager avec mon entourage.

Jardiner pour moi, c’est un repos.  On dit que j’ai « le pouce vert ».  Je garde du temps pour tricoter, lire et aller visiter mes voisins et voisines et des personnes âgées retenues dans leur maison ou dans des résidences d’aînés.

Je suis comblée.  J’aime la vie.  J’aime les paroissiens.  Je suis entourée de gens très aimables.  Que puis-je souhaiter de plus?  Je veux continuer à partager ma joie de vivre dans le milieu.  Avant de finir, je tiens à vous partager les agréables moments que me réservait 2002, année de mon 50e anniversaire de vie religieuse.  Une messe d’action de grâces fut célébrée dans la paroisse.  Nous étions 49 réunis au Centre Communautaire pour un repas fraternel.  Quelle joie d’être entourée de toute ma famille!  Quel bonheur de célébrer une vie heureuse en communauté au service du Seigneur et de l’Église.  Quelle grâce d’être en santé et de poursuivre dans la fidélité mes engagements envers la Congrégation en souhaitant de nouvelles vocations pour la relève.

 

 

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Publié dans Biographie des soeurs

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