
Bernadette Descamps est née il y a un siècle à Wattrelos dans le Nord.
La famille comptera 3 enfants et Bernadette en est la 2ème. C’était une enfant chétive qui a eu la ressource de vivre longtemps. Elle disait : « tu vois mes frères et sœurs sont partis. Et moi, la maigrichonne, je suis encore là, c’est incroyable ». Ses parents lui ont beaucoup apporté, et la JOC a beaucoup fait aussi pour sa formation.
C’était une vraie fille du Nord, le sourire aux lèvres et la joie dans le cœur, toujours d’humeur égale, et avançant dans la vie avec confiance.
Dans sa famille, des générations au-dessus ont travaillé dès l’enfance à l’usine textile. C’était notamment le cas de son cher papa. Alors c’était une chance pour Bernadette d’avoir commencé sa vie professionnelle comme employée dans un bureau.
Mais le Seigneur en a décidé autrement. A 28 ans, elle entre dans la congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception d’Auteuil. Et en 1956, obtient son diplôme d’infirmière.
Bernadette a travaillé à la clinique de St Germain en Laye au bloc opératoire pendant 15 ans.
C’était une infirmière très consciencieuse. Il arrivait que le soir on la trouve au bloc vérifiant que tout était en ordre pour les interventions du lendemain. On pouvait lui faire toute confiance !
Elle ne faisait aucune différence entre les grades de la clinique. Son accueil était attentionné. Elle était toujours disponible, que ce soit avec les chirurgiens ou le personnel. Pourtant le travail était toujours chargé, stressant parfois. Mais par sa présence calme, Bernadette apaisait le climat et redonnait courage dans les moments de tension.
Elle savait rire avec enthousiasme des drôleries des uns et des autres, autant avec les médecins qu’avec ses sœurs, qui ne se privaient pas de la taquiner sur son bon appétit qui contrastait avec sa frêle silhouette.
En communauté, Bernadette était une compagne encourageante, pleine de sagesse.
Son attitude d’écoute et de sympathie la faisait très vite devenir une confidente.
Bernadette a rejoint la Sainte Famille en septembre 1997 pour faire partie de l’équipe d’accompagnatrices des sœurs du 2e étage. La communauté Ste Bernadette comptait une trentaine de sœurs dont beaucoup étaient en fauteuil roulant. D’un tempérament gai, agréable à vivre, Bernadette a toujours été attentive à chaque sœur. Son sens de l’humour et sa gentillesse étaient remarquables. Elle relevait le positif de chaque situation.
En 2001, Bernadette a eu la joie de fêter son 80e anniversaire très entourée des membres de sa famille.
Récemment, quand on lui rendait visite dans sa chambre à la Ste Famille, c’est avec beaucoup de bonheur qu’elle parlait de ces 6 années passées à accompagner dans cette maison, de telle ou telle sœur, des rencontres, des fêtes organisées, surtout en 2003 pour le mardi gras et la fête de la musique.
En 2003, Bernadette est envoyée dans une paroisse de l’Allier. St Pourçain sur Sioule a été, dans ses obédiences, une belle aventure. Bernadette y a laissé un fort souvenir, ce qui a fait que, même arrivée à Kermaria, elle recevait des lettres et colis de délicieuses friandises, confectionnées par ses voisins qui gardaient un souvenir inoubliable.
Bernadette se faisait lire chaque mois la revue paroissiale de St Pourçain, et vantait à chaque fois l’intérêt de la revue.
Durant les 9 années vécues à la communauté de St Pourçain, Bernadette a toujours étonné ses sœurs par sa joie communicative et son entrain naturel. Même les gens du pays s’étonnaient de la voir si gaie malgré ton âge avancé. Il faut rappeler les réunions du groupe d’associés qui ne quittaient pas la soirée sans lui avoir demandé de raconter une belle histoire. Son souvenir joyeux et fraternel leur est toujours resté, puisque certains d’entre eux la rejoignaient encore par courrier à l’aube de ses 104 ans.
Ces dernières années à la Ste Famille, nous avons eu la joie de fêter avec sa famille son centenaire.
A la prière du jeudi, Bernadette écoutait l’Evangile, et avait toujours une parole profonde, intéressante à partager. Malgré sa cécité, elle avait des yeux que nous n’avions pas.
Elle priait beaucoup pour le pape.
Lors de son dernier temps de prière avec les sœurs, elle a répondu dans un souffle : « Oui » à « je t’aime Jésus ».
Comme en écho à ses premiers vœux.
Nous remémorer aujourd’hui le chemin parcouru nous permet de louer notre Dieu. Merci Bernadette pour la paix, l’espérance et la joie que tu nous as transmises.

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