
Sœur Marcelline Narvor est décédée le 3 février 2026, au Boütiez, à l’âge de 100 ans, dont 80 ans de vie religieuse.
Les obsèques ont été célébrées le vendredi 6 février, à 14h 30 à kermaria.
Cet après-midi, nous sommes réunis auprès de notre sœur Marceline pour célébrer dans l’espérance son passage vers le seigneur et faire mémoire de sa vie toute donnée, ancrée dans la prière.
Marceline est née à Plozévet le 7 novembre 1925, à proximité de la mer. Son père est marin pêcheur, la maman s’occupe de la petite ferme. Marceline a un frère et deux sœurs. Marceline raconte avec beaucoup de détails sa scolarité à l’école publique du quartier. Après l’optation de son certificat d’études, elle passe quelques années à l’école Jeanne d’Arc au bourg de Plouzévet où elle suit le cours ménager.
Entrée à kermaria en 1944, Marceline fait profession en 1946 et prend le nom de sœur Marie Irénée Joseph. Elle passe une année au cours ménager à Ploërmel puis rejoint kermaria où elle prépare son CAP Couture.
De 1948 à 1971, Marceline enseigne dans les cours ménagers de Riantec, Clohars-Carnoët, Plogoff, plumelec et Plouhinec. Exigeante pour elle, elle a la même attitude envers ses élèves. Elle leur demande un travail bien fait, soigné. Malgré son attitude sévère, elle a laissé un bon souvenir auprès des jeunes qui ont bénéficié de son enseignement. Le courrier reçu témoigne de leur reconnaissance.
De 1971 à 1972, Marceline est à kermaria. Elle se perfectionne dans les travaux manuels éducatifs : cartonnage, poterie, décoration alu, émaux. Elle ne garde pas pour elle ses nouvelles connaissances. Elle passe dans les écoles à proximité de son lieu d’implantation : Keryado, Quérien, Ploërmel, et parfois dans des écoles plus éloignées.
De 1972 à 1989, Marceline aide les enseignants pour les travaux manuels éducatifs. Son passage dans les classes est attendu. Manier les ciseaux, découper, assemblée, pétrir l’argile sont des activités intéressantes pour les élèves. Les résultats donnent de la joie. En plus des travaux manuels, Marceline a assuré la catéchèse certaines années suivant les besoins.
Après une année à Paris, Marceline prend sa retraite professionnelle en 1989 dans les communautés de Quéven, d’Arzano, de Quimperlé, où elle participe à la vie de la communauté : temps de prière, de réflexion, partage des tâches communautaires. D’après une compagne, Marceline est une personne volontaire passant sur ses problèmes au-delà de ses limites.
En 2015, Marceline quitte l’abbaye blanche de Quimperlé et va à kermaria pour quelques mois. Marceline manifeste le désir de venir au Bouëtiez. Elle arrive à la communauté et à l’Ehpad Sainte-Marie le 19 avril 2016. Comme beaucoup de personnes qui doivent quitter leur maison, leur lieu de vie, Marceline vit douloureusement ses premiers mois à Sainte-Marie. Elle circule sans arrêt dans les couloirs : demandant où elle se trouve, cherchant la personne responsable de son départ de kermaria. Malgré l’accompagnement des sœurs, du personnel, l’adaptation est pénible. Il arrive qu’une employée prenne le café avec notre sœur dans la chambre et l’a fait parler sur son pays Bigouden du bord de mer. Marceline apprécie beaucoup cette rencontre simple et est intarissable et sur son enfance.
Petit à petit, Marceline s’habitue à son nouveau lieu de vie, participe à la vie de la maison, parfois aux animations de l’EHPAD, à la communauté (prière, réflexion). Tant qu’elle a pu se déplacer seule à l’aide de la canne, Marceline est venue chaque fin d’après-midi à la chapelle pour les vêpres. Elle tient à avoir son livre pour suivre le chant de psaume auquel elle participe. Le vendredi après sa sieste et son goûter, elle se prépare pour la messe, n’oublie rien surtout pas le coup de peigne. Elle a continuellement le chapelet. Quel drame quand elle ne le trouve pas.
Marceline apprécie le courrier adressé par Annie et Claude, sa nièce et son neveu. Il lui arrive de se rappeler de leur dernière visite.
Début novembre, Marceline entre dans sa centième année, la doyenne des sœurs de l’EHPAD de Sainte-Marie.
Le 7 novembre, Marceline a fêté son centenaire. Une belle journée pour l’EHPAD, la congrégation. Notre sœur fut très entourée par le personnel, les résidents.
Merci Marceline pour tout ce que nous avons partagé avec toi ; le quotidien avec des moments gaies, agréables et d’autres plus difficiles. Tu nous quittes toute sereine et apaisée bien entourée par le personnel de soins.
Repose en paix Marceline. Tu restes présente à chacune.

0 commentaires