
Sœur Josée Morice est décédée le 16 mars 2026, à l’hôpital de Vannes, à l’âge de 86 ans. Elle avait 64 ans de Vie Religieuse.
Les obsèques ont été célébrées le vendredi 20 mars à 14h30 à la chapelle de Kermaria.
Joséphine Morice est née au Rheu près de Rennes le 1er mai 1939. Elle est l’aînée d’une famille de 9 enfants. Le papa est maraîcher, la maman, femme au foyer. Elle lui transmet son sens artistique.
Sa famille a toujours été très importante et nous partageons avec vous votre peine et nous vous assurons de notre prière.
Josée entre à Kermaria en 1959, fait ses 1ers vœux en 1962 sous le nom de Sœur Marie Charles de la Croix, puis fait son engagement définitif en 1967.
Josée commence sa mission à Baden et à Lorient en classe maternelle.
De 1967 à 1969, elle étudie à l’école des Arts à Vannes, pour enseigner ensuite au Sacré Cœur de Vannes pendant 3 ans en tant que professeur d’éducation artistique et de travaux manuels.
En 1972, Josée part pour des études doctrinales à Rennes, études qui l’aideront par la suite puisqu’à la fin de cette année, elle est appelée à la fondation de la communauté de Yerres en Essonne.
A Yerres, Josée sera catéchiste à mi-temps, et aide-ménagère l’autre mi-temps, puis par la suite elle laisse ce dernier travail au profit de celui d’animatrice dans un foyer de personnes âgées : la maison nationale des artistes.
Après ces 10 années données à Yerres, Josée rejoint la communauté de Nice, où là aussi elle sera animatrice au foyer Pauliani, une résidence de personnes âgées. Elle s’y consacrera pleinement pendant 9 ans.
En 2002 Josée prend sa retraite. Elle continuera toujours son travail d’animation, mais en tant que bénévole durant 14 années. Et ce sera à Châteaudun, en Eure-et-Loir.
L’association « Que nos différences deviennent richesses », à destination de personnes fragiles, isolées, issues de nationalités différentes, mobilisera toute son ardeur, ses talents qu’elle déploiera à partir de travaux manuels et de partages de vie.
Elle fait aussi partie de l’équipe liturgique de l’église du quartier, et ses préparations de la prière universelle sont très remarquées.
Elle accompagnera aussi un temps l’équipe des Associés de la Beauce, la Beauce dont elle appréciait tant les couleurs des grandes étendues jaunes de colza et de blés mûrs.
En 2017, Josée reçoit son obédience pour Locminé, à la communauté de la Bouillerie. Sa mission s’exercera à la Ste Famille, en tant que responsable de la liturgie et de l’animation spirituelle. Cette tâche, elle la vivra jusqu’à la mi-décembre. En outre, Josée participe activement à la réflexion de l’équipe du CMR de la paroisse, ce qui lui permet de connaître la réalité de Locminé.
Josée était une artiste. Elle vivait chaque création avec passion. Elle aimait partager ses réalisations, ses connaissances, ses goûts. Elle réalisait de très belles choses.
Josée savait s’adapter aux différents publics qu’elle côtoyait, au moyen de supports (visuel, sonore ou autres). Elle était organisatrice dans les moindres détails.
Josée était proche de chacun, chacune ; sensible à la souffrance des autres, attentive à leurs besoins ; elle savait encourager pour donner confiance, pour aider les autres à prendre toute leur place. Josée savait mettre des personnes en route, leur confiait des responsabilités.
Elle était très ouverte à l’actualité du monde et de l’Eglise.
Depuis son enfance, le sport, en particulier le foot, comptait beaucoup pour elle.
A la Sainte Famille, Josée laisse une forte empreinte ; tant pour sa participation avec l’équipe à la préparation et à l’animation des messes hebdomadaires, que pour la prière et les partages d’Evangile qu’elle faisait avec les sœurs jusqu’à la fameuse exposition de sa crèche thématique avant Noël, dont elle modelait les décors en lien avec l’actualité, et assurait son installation avec passion.
On se souvient aussi de son exposition sur les vitraux de Chartres, des différents panneaux réalisés à l’occasion de certains événements, et de la bannière de Ste Anne pour la troménie.
En communauté, Josée était agréable et fraternelle. Elle préparait avec soin la prière communautaire. Et à travers cette préparation, on sentait qu’elle avait médité et intériorisé les textes.
Pour les fêtes, elle apportait cette petite touche qui sait mettre en valeur l’ordinaire.
Josée était une personne discrète mais en même temps complexe. Elle pouvait s’évader tout d’un coup. « Quand elle commençait à tourner une mèche de cheveux entre ses doigts, raconte une sœur, elle partait pour un voyage. Elle n’entendait plus ce qui se disait autour d’elle, jusqu’à ce qu’elle débarque soudain de son rêve. »
Josée était discrète, secrète parfois.
Dans sa maladie, elle est restée un peu secrète. Elle gardait espoir, et ne voulait surtout pas déranger. Josée, grand merci pour ce que tu nous as partagés de tes dons et de tes valeurs. Merci pour tout ce que tu étais. Nous te disons à Dieu. De là-haut, tu continueras à découvrir et à admirer d’autres merveilles. Mais ne nous oublie pas.

Josée a œuvré à la maison Ste Famille pendant 9 ans, sans compter les étés précédents où elle venait comme bénévole.
Par les témoignages recueillis auprès de la direction, de la coordination, des infirmières, de l’animation, de l’accueil, de la maintenance, nous pouvons dire que Josée était très attentive à tout le monde, résidents et personnel. Elle appelait toutes les soignantes du 1er étage par leur prénom. Elle s’adressait à quelqu’un en ajoutant une petite tape amicale sur l’avant-bras.
Elle avait une grande gentillesse, bienveillance, patience, disponibilité.
Josée était d’une grande discrétion aussi. Elle avait une foi ouverte, faisait de l’éducation religieuse sans prosélytisme.
Par ailleurs elle faisait de belles choses, était investie, méticuleuse, constructive, innovante. On sentait une pédagogie derrière.
Enfin, Josée était inclusive : très attachée au dimanche de la santé, elle ne manquait pas de demander si l’infirmière de garde était disponible ce jour-là et si 2 ou 3 aides-soignantes pouvaient venir à la messe dire un petit mot. On n’osait pas lui dire non, tellement elle y tenait, quitte à laisser une toilette en cours quelques minutes, le temps de venir à la chapelle et de repartir finir la toilette.
Josée manquera à la maison Ste Famille. On ne l’oubliera pas. Elle faisait partie de l’âme de la maison.
Pour ma part, je voudrais témoigner de son rôle de médiatrice de la Parole de Dieu et de la peinture. Elle aidait à entrer dans la Parole par la peinture, et dans la peinture par la Parole.
Je tiens à lui dire merci pour sa confiance ; merci pour son attention à ce que les propositions soient toujours accessibles au public de l’ehpad ; merci pour son attention à la qualité du visuel, par le poster, la lumière, les fleurs, les images, les drapés. Merci. C’était bien de travailler avec vous. Au revoir Josée.
Pascale Riedling, Assistante communautaire à la Ste Famille