
Sœur Denise le Breton est décédée le vendredi 6 février 2026 à la Ste Famille, à l’âge de 84 ans, dont 61 ans de vie religieuse.
Ses obsèques ont eu lieu mardi 10 février à 14h30 à la chapelle St Joseph de Kermaria.
Denise Le Breton est née le 11 octobre 1941 à Guégon près de Josselin. Elle est la septième d’une famille de 8 enfants. Son père est agriculteur, et sa mère commerçante.
Nous assurons sa famille ici présente de notre prière et de notre sympathie.
« Pas de plus grand Amour que de donner sa Vie ». Cette parole de Jésus accompagnera sa marche en humanité, et met Denise en route vers Kermaria, où elle entre à 21 ans, après 3 années d’enseignement en primaire à Bréhan-Loudéac, de 1958 à 1962.
Denise suit sa formation en vie religieuse à Kermaria de 1962 à 1965, à l’époque de Vatican II. C’est avec beaucoup de joie qu’elle vit cette période comme une grande ouverture de l’Église. Elle fait sa profession en 1965 à 24 ans.
De 1965 à 69, Denise est envoyée en tant qu’enseignante vers la petite école primaire Ste Anne de Conleau à Vannes, et vers les classes d’application pour les étudiantes de l’école normale Ste Anne. Les enfants en difficulté sont très vite sa préoccupation. Avec ses collègues, elle lance une pédagogie plus ouverte et plus active qui tient compte de l’enfant et le responsabilise. Avec des plus jeunes et des séminaristes, elle développe l’action catholique des enfants sur Kercado à ND de Lourdes.
En 1967, Denise obtient son CAP Pédagogique.
En 1972, elle rejoint deux professeurs à Muzillac, chargés des classes dites de Transition pour des jeunes en situation d’échec scolaire. La tâche est difficile mais la plupart reprennent goût aux études et comblent des lacunes en lecture particulièrement. En 1978, l’Éducation nationale arrête l’expérience.
Parallèlement, Denise s’engage avec des chrétiens dans le CMR et continue son engagement à l’ACE. Elle fait l’expérience d’une foi enracinée dans les réalités d’une vie de secteur, et ouverte sur le monde.
Envoyée à Colpo en 1978 et pour 2 ans, Denise conjugue enseignement à mi-temps et formation, puis arrête là l’enseignement. Cette expérience professionnelle constitue selon elle un bon « socle » pour d’autres terres. Elle lance sur le secteur l’éveil à la foi des tout petits.
A partir de 1980 commence pour Denise une autre vie. Elle est envoyée dans une région rurale à l’Est de l’Allier, à Garnat sur Engièvre plus exactement. L’évêque, d’origine bretonne, demande une présence de religieuses en proximité des gens par le travail, dans une vie de quartier, un vivre avec, qui réconcilie les cœurs avec l’Église.
Denise y connaît une période de chômage, puis devient employée dans un magasin en libre-service, et déléguée syndicale. Cette période se clôt 12 ans plus tard.
Denise revient à Vannes en 1992 au service de la Congrégation. Celle-ci l’appelle à être vice-provinciale du secteur Vannes Lorient.
Elle fait une découverte plus intérieure de la congrégation et réalise sa richesse d’ouverture à d’autres pays.
Envoyée à Nice en 1998, elle y fait une nouvelle expérience de recherche d’emploi, puis rejoint comme bénévole l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC). Elle devient employée à domicile auprès des personnes âgées.
Grâce à SNC elle est embauchée au Centre d’études et d’actions sociales qui accompagne les personnes qui perçoivent le RMI. Par ce travail elle découvre l’envers de Nice la Belle : la solitude des personnes âgées, les difficultés pour trouver un travail quand on est de couleur.
Un soir après la messe de Noël, elle a amené à la communauté deux SDF. Denise a fait confiance à ses sœurs pour accueillir ces personnes à la cuisine en leur offrant un petit réveillon dans la chaleur d’un logement.
En 2002, nouveau départ : Denise s’envole vers le Nord Cameroun fonder Gada-Mabanga, un quartier pauvre de Ngaoundéré avec deux autres sœurs. A ce moment-là, Gada n’était pas une paroisse. En l’absence de prêtre, la communauté était la référence pour les gens. Après la fermeture de Gada, elle rejoint Bini Dang.
Nous pouvons noter quelques expressions reçues de nos sœurs africaines et vietnamiennes dont elle a été proche par les missions qui lui ont été confiées :
- Femme de foi profonde et de prière, attachée fortement à Jésus Christ
- Créative dans la préparation de la prière communautaire, dans les célébrations avec les enfants de la catéchèse.
- Courageuse, audacieuse, entreprenante, travailleuse infatigable au plan spirituel, intellectuel et manuel
- Une vraie missionnaire toujours animée du feu de la charité
- Très simple et humble dans sa manière de vivre, de faire et d’être, je dirais même que c’est une femme qui vivait l’ascèse toute sa vie.
- Femme d’écoute, elle savait mettre en confiance, encourager, interpeler dans une grande bienveillance parce qu’elle avait foi en la capacité de l’autre à s’améliorer.
- Au postulat elle nous a appris à communiquer ; cela m’a permis de pouvoir parler devant un groupe sans avoir peur
- Toute donnée à Dieu et au service des autres, elle aimait la congrégation avec son charisme et savait le transmettre avec passion, dans la vie quotidienne comme dans les cours qu’elle dispensait aux postulantes et aux novices.
- Une femme battante qui ne craignait pas les difficultés, dynamique et déterminée
- Toujours disponible pour la mission sans se plaindre et son moyen de transport préféré allait aux motos.
- Elle aime travailler avec d’autres pour le développement : aménagement d’une source, création d’un groupe de femmes pour une activité génératrice de revenus, obtention d’un forage pour un quartier, « lire en fête » avec les enfants en congés scolaires. Avec elle c’était « faisons » et non « vous faites ».
- Proche de tous sans faire de différences entre les religions ou les ethnies, elle travaillait avec les musulmans, protestants, catholiques… pour le développement du quartier, se donnait corps et âme pour trouver des solutions aux problèmes d’eau, d’électricité, de route, et aux jeunes chômeurs.
Denise, toutes tes sœurs africaines te disent Ossoko, merci.
A Bini Dang, les personnes qui l’ont connue ont prié pour elle ce matin à la messe et offrent leurs condoléances.
Elle rentre en France en 2015, à 74 ans, à la communauté Jacques Cartier de Locminé. La Congrégation l’envoie à la maison Ste Famille de Kermaria, pour accompagner ses sœurs en ehpad. Elle dit y apprendre, chaque jour à aimer ces visages dans leurs forces de vie et dans leurs fragilités.
Le personnel de la Sainte Famille garde un excellent souvenir de sa présence comme bénévole. Personne agréable, discrète, d’une grande qualité de présence, d’accueil et d’écoute, disponible, très patiente, rayonnante de bonté, de simplicité et de don, attentive à ce qu’aucune personne ne se sente abandonnée.
Un couple ayant eu sa maman comme résidente a tenu à lui dire « au revoir » dimanche dernier.
Après s’être beaucoup impliquée à la Ste Famille, Denise a dû se retirer pour raisons de santé à la cté Mère Ste Angèle et confier les visites et l’animation spirituelle du 2e étage aux autres sœurs bénévoles.
Ses forces diminuant, Pierre Noury, puis la Ste Famille l’accueillent ensuite.
En juin 2025, elle célèbre ses 60 ans de vie religieuse à la chapelle St Joseph. L’après-midi, elle se retrouve avec son groupe de profession pour un goûter à la Ste Famille. La joie rayonnait sur son visage toute la journée.
Denise nous quitte le vendredi 6 février en tout début d’après-midi, après un problème de santé la veille, qui aggrava soudainement sa situation.
Merci Denise pour ton témoignage de vie. Prie pour la congrégation, ta famille, et les personnes les plus fragiles dont tu prenais soin. Au revoir. Repose en paix.

C’est un grand merci que je veux adresser à Denise. En tant que membre active au CMR, chrétien au monde rural, et aussi en temps que soutien à l’équipe MRJC des « Camerounettes » qu’elle a accueilli au Cameroun, les mots qui me viennent sont : écoute attentive gentillesse personne très réactive et qui s’est mobilisée avec les enfants les jeunes jusqu’aux personnes plus âgées. Elle avait toujours la parole adaptée à chaque personne pour la comprendre, la soutenir, lui donner une perspective, en offrant un accueil et un chemin ouvert avec le Christ.
C’est une religieuse qu’on aimait qui nous a quitté…