Que ma joie est grande!

Béatrice Yatoua, novice des Filles de Jésus, partage avec nous son expérience vécue à l’Arche à Trosly-Breuil dans le nord de la France. Pour elle c’était une grâce de donner et recevoir dans un milieu de vie où chacun peut se sentir accueilli et aimé malgré ses handicaps.

La découverte d’une merveille

J’ai perçu que L’Arche est une oasis de joie et d’amour. Ce n’est pas sans tristesse, mais il y a une espérance de vie et de joie dans les plus diminués. 

De fait, mon stage à l’Arche à Trosly-Breuil auprès des personnes en situation d’handicaps, m’a permis au plus profond de moi de vivre la proximité et de rencontrer le Christ pauvre, humble et compatissant. Au cours de ces deux mois et demi, j’ai vécu par cette expérience, notre charisme au quotidien. J’ai découvert beaucoup de choses qui m’ont aidée à grandir en bien.

Au début, j’étais touchée par les difficultés des personnes car certaines ont de lourdes maladies. Je me demandais comment je pouvais créer une relation assez simple avec ces personnes si blessées et si limitées. En collaboration avec d’autres assistants et l’aide de la psychologue je me suis laissée approcher d’eux petit à petit.

Une expérience pas facile mais très humanisante

Parmi les accueillis il y a différentes histoires de vie : des personnes malades et quelque fois violentes, qui aiment leur espace parce qu’elles se sentent envahies par les autres.

Une fois j’étais assise auprès d’une personne à l’atelier « Parole et prière ». Je me suis présentée, il m’a regardée et je l’ai regardé ; il a souri. J’avais peur car il a deux mètres cinq et il est corpulent. Après quelques minutes, il soulève la tête et me demande : « Tu portes la croix, es-tu religieuse? » Je réponds : « Non, mais je suis en formation pour devenir religieuse ». Il baisse sa tête et sourit.

Son sourire m’a aidée à m’approcher davantage de lui. Ce simple sourire m’a permis de traverser mes peurs, mes résistances et mes limites. J’ai compris que ce sont des personnes fragiles qui peuvent nous aider à nous ouvrir et à revenir à la source pour traverser nos barrières.

Il faut aimer les gens, les accueillir

Une autre personne accueillie m’a raconté son témoignage de vie de l’Arche. Il m’a dit: « Béatrice, l’Arche à une histoire sacrée mais, aujourd’hui je ne garde que les bonnes choses et je laisse les mauvaises choses ».

Puis, il a ajouté : « Ce que j’aime surtout, c’est que j’y suis comme dans ma famille ; on vit le pardon. A l’Arche, parfois on se dispute mais on se pardonne. Ailleurs quand ils font la guerre, ils cassent tout, ils tuent les gens pour rien…c’est malheureux d’en venir là, ça n’arrange pas les choses. Mais moi je n’aime pas cette guerre qui se vit actuellement dans le monde.

Tout ça, je ne peux pas le supporter. Ce sont des gens comme nous, il faut les aimer, les accueillir. Pour moi la paix c’est le plus important. Il faut aider les autres, leur rendre service. Mais le pardon cela ne se fait pas comme ça. Quand on s’est disputé, on a blessé la personne, cela fait comme une guerre, cela n’avance à rien. Il vaut mieux parler que de blesser la personne, c’est en parlant qu’on peut pardonner et qu’on est soulagé.

A l’Arche c’est bien, on peut repartir à zéro.  Ailleurs quand il y a la guerre, ils vont trop loin et cela n’avance à rien. »

La clé de la compréhension

J’étais touchée profondément par son témoignage, cela m’a invitée à sortir de moi-même et à ne pas rester indifférente à ce qui se vit dans le monde. J’ai senti qu’il y avait vraiment une présence de Dieu dans ce qu’ils sont capables de partager à partir de leur fragilité et leur espérance. Comme disait Jean Vanier, le fondateur de l’Arche : « L’amour est la clé de la compréhension de l’autre » ; c’est vrai.

  • Les différentes activités et ateliers … parole et prière, musique, marche, piscine, beauté, bricolage, sport
  • Les humbles tâches du quotidien … accompagnement, coucher, douche, cuisine, ménage et prière
  • Les relations, le partage dans la simplicité

Tous ont été source de joie et d’amour. Cela m’a aidée à grandir humainement et spirituellement et m’amène à dire que notre charisme d’humanisation est d’actualité.

Honorer l’Humanité Sainte du Fils de Dieu

 C’est prendre soin de mon prochain. C’est aussi donner de la valeur à l’autre, le respecter en tant que personne et l’aider à grandir. C’est une invitation à regarder l’humilité de Jésus qui prend la condition humaine et se fait serviteur de tous.

J’avoue que ce stage de contemplation active, de compassion et de tendresse pour les personnes handicapées m’a permis de sortir de ma zone de confort et de m’ouvrir davantage à l’inconnu. Elles m’ont aidée à regarder plus loin, à traverser les apparences, les préjugés et mes propres frontières pour vivre l’Amour et la vie simple.

Mon stage était du donner et recevoir : « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »

Beatrice Yatoua

Novice Filles de Jésus

1 Commentaire

  1. MERCI à toi, Béatrice, pour ce partage de ton vécu, dans ce stage ,à l’Arche…J’ai aimé ton expression: se rapprocher des personnes; c’est la condition pour » humaniser « à la suite de Jésus, comme l’ont fait nos devancières….Je te porte dans ma prière ainsi que tes compagnes novices….Je fus heureuse de vous rencontrer à Kermaria, l’an dernier.Bises de Maryvonne de Vannes, en Bretagne…

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