Marie Andrée TERTRAIS (Sœur Marie St Eugène)

Marie Andrée Tertrais (Soeur Marie St Eugène)
Mot d’accueil – 13 mai 2019

Marie-Andrée Tertrais est née à Breteil (Ille et Vilaine) le 29 Octobre 1926. Elle avait une sœur, Andrée, disparue, et qu’elle aimait profondément.

Marie Andrée entre au postulat le 6 octobre 1944, puis prononce son engagement dans la vie religieuse le 4 août 1946, à l’âge de 20 ans.

De 1946 à 1954 elle enseigne en CP et CE au Cambout et à St Marcel.

Puis de 1954 à 1977, elle prend la Direction des écoles de Trégranteur, Baulon et Pacé. Ensuite, elle assure le travail de comptabilité et de secrétariat à Pipriac et au Rheu, où elle aide les personnes mal voyantes comme elle.

En 1996, elle prend sa retraite à Ploërmel, puis intègre en 2013 la Cté Pierre Noury de Kermaria. La Sainte Famille l’accueille en 2017.

Marie-Andrée vivait son handicap avec courage, ne le faisant pas peser sur les autres. Accueillante, très relationnelle, fidèle en amitié, reconnaissante de ce qu’on fait pour elle.

La maladie, hélas, ne l’a pas épargnée. Marie-Andrée a dû subir des opérations délicates aux yeux. Le résultat a été très mauvais suite à une hémorragie.

Quand elle a su qu’elle allait devenir aveugle, « Ne pleurez pas, j’ai fait mon sacrifice » dit-elle à ses sœurs. Et elle a tout de suite pris son état en main. Elle est entrée dans une association de mal voyants, participant aux stages proposés, se rendant elle-même à Rennes munie de sa canne blanche. Là, elle aidait d’autres malades.

Femme de foi, elle la partage volontiers au cours des réunions comme dans les moments de prière commune. Marie-Andrée participait aux rencontres nationales et régionales du groupe « Amitiés Pouget », auxquelles étaient invités prêtres, religieux et diacres mal voyants.

Sa famille a toujours été d’une aide précieuse pour elle, un soutien, une présence qui redonnait souffle dans les moments difficiles.

Très fraternelle au moment des deuils et des épreuves, Marie-Andrée compatissait, se rendant proche des personnes en souffrance.

A la Sainte Famille, elle manifestait son bonheur lors des visites, reconnaissait les personnes à leur voix. Elle les accueillait avec un sourire.

Douée et volontaire, elle s’est mise à l’étude du braille. Elle devient même capable de traduire en braille le document de catéchèse « Ecoute et Vois » pour des enfants aveugles.

Elle développe sa mémoire auditive pour palier à ses carences visuelles, écoute beaucoup la radio et restitue aux sœurs ce qu’elle a entendu. Elle développe aussi le toucher, ce qui lui permet de retrouver dans sa chambre toujours bien rangée ce dont elle a besoin. Elle participe à des tâches communautaires, met le couvert se repérant aux chaises autour de la table. Toujours soucieuse de prendre les moyens pour garder son autonomie, elle apprend à se servir d’appareils afin de trouver ses repères et de tout classer.

La fraternité des malades l’appréciait beaucoup. Grâce à son tempérament   plutôt gai, elle mettait de la joie dans les cœurs.

Elle ne manquait pas les occasions de marquer les fêtes et les anniversaires. Les chansons et les histoires de son répertoire lui permettaient d’exercer son talent de chanteuse et conteuse. Elle captivait son auditoire.

Marie-Andrée, tu vois maintenant.

La lumière s’est faite. Marche dans la paix et main dans ma main avec ton Seigneur.

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Publié dans Biographie des soeurs

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