“Levons l’ancre, prenons le large”

Prends ta barque

était le leitmotiv du rassemblement de l’an dernier.

Les Associés de France,

rassemblés à Kermaria le 6 avril 2019,

sont invités à

lever l’ancre et à prendre le large.

 

 

Par son intervention, le Père Hervé Perrot nous ouvre la voie :

« Aller vers les périphéries ».

S’installant devant nous à l’estrade, il plante le décor en posant la maquette d’un petit chalutier sur son bureau. 

Avançons au large, on ne sera pas sauvé tout seul. Il nous faut ensemble lever l’ancre.

Partir de Dieu pour mieux poser les fondements de notre foi en privilégiant les personnes les plus précaires, « les intrus », en les mettant au centre. Comment accueille-t-on les « intrus » ?

Sortir, oser les périphéries non seulement géographiques mais aussi existentielles comme lieu de rencontre avec Dieu. Ces périphéries, ces fragilités, ces intrus sont aussi nos propres fragilités, même notre corps rentre dans la périphérie, tous ces lieux qui déshumanisent l’être humain. Ce peut être mon propre enfant, mon propre mari ou ma propre femme, mon propre corps souffrant. C’est le cœur de la spiritualité de l’Incarnation. Honorer l’Humanité Sainte du Fils de Dieu c’est Honorer notre propre humanité avec ses fragilités.

Comment Dieu lève l’ancre ? Comment Il vit les périphéries ?

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Il est en lui-même dans son identité, en sortie. Il n’existe qu’en sortant, qu’en se donnant. De par notre baptême, nous sommes ancrés en Dieu en Quelqu’un qui est lui-même en sortie. On est sorti de Dieu et Lui est sorti pour se faire Dieu en nous. Il nous a créés partenaires, libres d’accepter ou de refuser cette Alliance. Il faut s’ancrer en Lui pour lever l’ancre. Lui-même va s’ancrer dans notre humanité pour nous permettre de lever l’ancre.

Alors Jésus va nous guider sur le comment faire. Il nous redit l’identité du don. Il nous montre le chemin du comment vivre Dieu.

Comment Jésus rejoint –il les périphéries ? Il faut Le suivre en partageant sa Parole. Le chemin spirituel est celui de la pleine terre, pas du hors sol. Si nous voulons incarner tout cela, il faut partir des périphéries. Chacun est porteur de périphéries c’est-à-dire de rencontres. Acte 2016 « … il nous est donné à toutes de faire un exode, de vivre un passage, du repliement sur soi à l’ouverture et à la communion, de la crainte à l’abandon et la confiance, du doute à l’espérance. »

La manière de vivre les périphéries, c’est tout simplement le don de soi dans un esprit de service. Les périphéries c’est rencontrer l’autre que je ne fréquente pas ou l’infréquentable, l’intrus.

Cela nous invite à rendre compte de nos expériences avec Dieu, avec nous – même, de les partager avec nos frères. C’est l’amour que nous avons les uns pour les autres qui nous fait passer de la mort à la vie. La Résurrection commence dans l’amour que nous avons les uns pour les autres. Retrouver la fraîcheur des commencements, des premiers chrétiens en vivant en frères. Si nous voulons vivre notre identité, il faut retrouver la fraternité. Voir – Analyser ce qui se passe – Entrer dans l’action, se demander où être présent de manière ajustée ? La gratuité n’empêche pas l’efficacité. Il faut réfléchir et tenir dans le temps. Voir ce que l’on peut faire avec ce que l’on est.

Comment faire à la manière du Christ ? Comment se lever l’ancre ?

Bartimée :
On entend le cri de Bartimée. On est sur le chemin. Penser à ceux que l’on ne rejoint pas. Jésus arrête le mouvement ; Il pose la question et lui laisse la liberté. Souvent on veut faire à la place de l’autre. Bartimée se retrouve au centre. Une de nos missions, là où l’on est, au cœur de nos communautés ecclésiales, de la société, mettons au centre de nos cheminements ceux qui sont au bord du chemin.

Les dix lépreux :
Les chemins et la spiritualité de l’Incarnation ne sont qu’une même réalité : suivre le chemin de Jésus en marchant au pas du plus petit. On peut toujours se dire qu’on est bien en équipe. Il faut toujours lever l’ancre, aller de port en port. Sur les chemins de la vie, de nos vies, les rencontres se font, en allant au marché, en faisant nos courses… Dans ce passage, nous sommes en territoire païen. Jésus fréquente des lieux géographiques où il ne devrait pas se trouver. Est-ce qu’on fréquente des lieux qui nous font peur ? La première chose que va faire Jésus est d’aller voir les prêtres. Il envoie vers ceux qui ont le pouvoir de réintégrer dans la société. Il veut restaurer en l’homme son humanité. Il faut les renvoyer là où dans leur cheminement ils vont pouvoir retrouver une dignité. Là il faut analyser ce qu’il faut faire pour réintégrer le lien social.

Le paralytique :
Oser casser les toits – pas solitaire mais solidaire – C’est la foi de ceux qui font qui va permettre la dignité retrouvée.

Conclusion
Réfléchir aux périphéries c’est s’engager à vivre profondément la spiritualité de l’Incarnation, notre baptême. Notre Eglise retrouvera un élan, une communion, quand elle mettra les plus fragiles au centre de son cheminement, quand chaque chrétien pratique le sacrement du frère, du frère le plus fragile. Nos tendances d’Eglise aujourd’hui trouveront leur communion là ou pas. La société, dans ses souffrances sociales, trouvera aussi son chemin quand elle partira des personnes les plus fragiles. C’est au cœur de notre foi, c’est au cœur de l’identité de Dieu, c’est au cœur de ce que Jésus vit au pas des plus pauvres dans l’Evangile.

 Il nous fait découvrir que les périphéries sont, non seulement géographiques, mais aussi existentielles…comme lieux de rencontre avec Dieu. Honorer l’Humanité Sainte du Fils de Dieu, c’est Honorer notre propre humanité avec ses fragilités.

D’où les questions :

  •  Comment Dieu lève l’ancre ? Comment il vit les périphéries ?
  •  Comment Jésus rejoint-il les périphéries ?
  •  Comment faire à la manière du Christ ? Comment lever l’ancre ?

Cette intervention est suivie d’un bon moment d’échanges.

Le buffet, toujours copieux et bien organisé, nous permet de retrouver amis et connaissances.

En après-midi, Philippe Bertrand, associé de la Région parisienne,  nous présente, à travers des diapositives et des graphiques, le « Visage des Associé(e)s de France”, selon l’âge, les activités, les engagements… essentiellement d’Eglise.

Puis, en fonction de la couleur des pastilles sur le feuillet de chant, distribué le matin, il nous est demandé de rejoindre le groupe correspondant.

Au sein de chaque groupe, chacun partage l’engagement, noté sur la barque, lors de l’Assemblée 2018 et relate comment cet engagement a été vécu et concrétisé au cours de l’année.

Au terme de ce partage, le groupe choisit une phrase d’Evangile en rapport avec l’intervention du Père Perrot et l’inscrit sur la bouée. Nous y trouvons :

  • Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur !
  • Pourquoi as-tu douté, homme de peu de foi ?
  • Que veux-tu que je fasse pour toi ?
  • Lève-toi et marche
  • Aie confiance, lève-toi, Il t’appelle !
  • Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche !
  • Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir.
  • Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.

 

Et pour clore cette journée,

nous nous retrouvons

à la Chapelle pour l’Eucharistie,

présidée par un prêtre d’Arcueil, polonais.

 

 

Puis, chaque groupe repart avec sa barque.

Les Associés du Bouëtiez

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Publié dans Evènements, Vie des associés

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