“Le Mystère de Kermaria”

On dit que les bonnes choses valent la peine d’attendre. Ce fut le cas lors de l’après-midi de fête à la Maison Mère de Kermaria, le 11 septembre dernier. Sous un ciel radieux, des centaines de sœurs, d’associés et d’amis de la Congrégation se sont retrouvés pour un temps de découverte et de convivialité autour d’un petit théâtre et de deux expositions.  

Le spectacle doit se poursuivre

Le projet de réaliser une pièce de théâtre a vu le jour en 2020 quand on a commencé à concevoir un son et lumière autour de la vie de Mère Marie de Saint Charles, portée en haute estime comme un des « cofondateurs» de la Congrégation. La pandémie de Covid-19 a mis un terme aux préparations, mais les participants ne se sont pas désistés. Comme Sr Anne Thirion, la Provinciale de France, nous a dit dans son introduction au spectacle le 11 septembre:

« Vous n’avez pas baissé les bras, bien au contraire, vous avez su, à plusieurs reprises, nous remonter le moral et nous stimuler pour ne rien perdre de ce qui, jour après jour se construisait dans le secret de tous les recoins de la maison mère. »

Relancé il y a quelques mois, le grand spectacle de 24 tableaux n’était plus faisable par manque de temps pour les répétitions et de préparation des décors. On a décidé donc de jouer une version condensée, une sorte de bande-annonce de ce qui sera joué en 2023.

Découverte d’une femme exceptionnelle

Cette mise-en-bouche est quand même un petit bijou! Déjà en 30 minutes, on se retrouvait face à la rencontre peu ordinaire :

« d’une femme solide, déterminée, audacieuse et persévérante, animée d’un esprit de foi et débordante de charité, (qui) a permis à la Congrégation des Filles de Jésus de se déployer, non seulement dans l’espace et le temps mais aussi et surtout dans sa dimension spirituelle. Elle laisse, à chacune de nous, un héritage précieux. »

Au tour de trois temps forts de la vie de Mère Marie de Saint Charles :

son arrivée à Bignan pour entrer au noviciat

ses premiers temps comme Supérieure générale

l’arrivée de la statue de Statue Joseph à

la nouvelle maison mère, Kermaria

Les comédiens et comédiennes ont su nous transporter dans la Bretagne du 19ème siècle. Les spectateurs sont entrés dans l’intensité des débuts de la Congrégation et ont sympathisé avec cette femme qui:

  • cherchait une communauté où elle pouvait servir chez les plus pauvres.
  • a demandé que Dieu lui donne la sagesse et la force de son Esprit quand elle a été élue Supérieure générale après seulement cinq ans comme Sœur.
  • s’est donnée totalement pour que la Congrégation fleurisse et se mette au travail pour la gloire de Dieu.

C’était à la fois amusant et émouvant de voir les sœurs / comédiennes ne pas ‘sortir de rôle’ toute l’après-midi. On se croyait vraiment à la maison mère en 1860 !

Une aventure en commun

A la fin du spectacle le metteur en scène a demandé à la foule d’applaudir toutes les personnes qui avaient accepté de se lancer dans cette aventure en commun.

  • Merci aux nombreuses personnes – aux Sœurs et associés, mais aussi aux laïcs, amis de la Congrégation, et aux enfants de Locminé et de Bignan – qui n’ont pas mesuré leur peine ni calculé le temps nécessaire pour répéter et perfectionner leurs rôles.
  • Félicitations aux autres pour le scénario, la musique, le beau décor et les costumes qui nous ont ramenés au 19e siècle avec tant de véracité.
  • Hommage à ceux et celles qui ont travaillé dans les coulisses pour que le spectacle attire une foule de spectateurs et pour que tout se passe agréablement et sans problèmes.

Le spectacle était le fruit d’une collaboration de multiples talents et compétences, mais on peut se permettre quand même de citer ce petit échange d’éloges mutuels:

Philippe : « Coordinatrice de toutes les équipes, on peut la qualifier comme la réalisatrice de cette spectacle Sr Marie-Andrée Servel, l’Archiviste de la Congrégation. »

Marie-Andrée : « Merci pour toutes les ovations que vous avez faites pour les uns et les autres. Maintenant à moi à présenter Philippe Le Pays du Teilleul, le metteur en scène. Il a brillé par ses compétences, sa gentillesse, et son sens de la précision, et sa créativité. »

Un temps de convivialité et de découverte

Mais l’après-midi n’était pas limité qu’au théâtre. En plus du spectacle on nous a proposé deux espaces de convivialité et deux belles expositions.

Avec un temps aussi beau, les spectateurs ont bien apprécié les boissons et petits gâteaux offerts aux buvettes. Que de retrouvailles et conversations entre amis et sœurs ! Aussi devant l’ancienne ferme où les enfants de l’école bilingue de Locminé, Notre Dame de Plasker, nous ont fait le plaisir de chanter en breton, sous le bâton de leur institutrice habillée en costume. Félicitations aux plus jeunes qui n’avaient que quelques semaines pour apprendre les chants.

Deux expositions très réussies

A la chapelle, on pouvait admirer une collection de vêtements liturgiques appartenant à la Congrégation, avec des explications sur les différentes couleurs de l’année liturgique, ainsi que les points de broderie utilisés pour les réaliser.

Comment ne pas être sentir un peu de nostalgie en admirant la beauté de ces vêtements et les heures de travail soigné passées dans la création de ces œuvres d’art? Avec un fond de musique en breton, chanté cette fois-ci par une chorale d’adultes, le calme de la chapelle nous permettait un moment de recueillement et de prière au milieu d’un après-midi bien vivace.

Aux archives, l’exposition sur l’histoire de la ferme de Kermaria nous a plongés dans une autre ambiance. L’exposition était bien située, étant donné que le service des archives occupe aujourd’hui l’ancienne étable pour les vaches!

L’exposition est en effet une version en ‘grande’ du livret, « Petite Histoire de la Ferme à Kermaria », publié en avril 2022. C’était évident par la foule, et les conversations qui battaient leur plein, que l’histoire de ce lieu emblématique reste vivante dans la mémoire de beaucoup des personnes présentes.

Pour ceux qui connaissent les prairies, les jardins et les bois qui font le charme de Kermaria aujourd’hui, c’est difficile à imaginer comment c’était quand les 33 novices et les sœurs professes sont arrivées sur la « Grande lande » en 1860. Il leur fallait commencer tout de suite à débroussailler et à planter en vue de pourvoir aux besoins matériels de la communauté.

L’exposition nous montre comment la ferme s’est développée au point que Kermaria ressemblait à un petit village qui vivait en autarcie, avec jusqu’à 300 personnes à nourrir, et où le personnel, sœurs et salariés, formaient une famille. Les sœurs recevaient leur ‘obédience’ pour aller travailler à la ferme, et un des grands plaisirs de l’exposition est l’évocation de certaines Sœurs bien aimées. Albéric, Faustine, Séraphine, Anatolien, Hélène, Aline du jardin – on raconte encore des histoires de ces femmes vaillantes, du travail aux champs, des vaches, de la porcherie, du poulailler, des ruches.

Dès la cessation des activités de la ferme en 1986, les bâtiments ont été aménagés pour accueillir d’autres projets, qui ne cessent de nous interpeller et nous engager.

 « l’écologie intégrale » à laquelle nous appelle le Pape François inspirera nos projets

pour qu’à l’avenir « La Ferme de Kermaria » connaisse un jour nouveau.

Dans la lignée de nos devancières

Nous pouvons rendre grâce pour cette belle journée et pour tout le travail qui a permis d’en faire un tel succès. Nous attendons avec impatience le son et lumière de 2023, mais pour l’instant, ‘Merci’ de nous avoir dévoilé un peu du mystère de Kermaria:

« un lieu de la Communion des Saints,  (où) nos vies s’entremêlent et se fertilisent: nos sœurs défuntes et nous les vivantes, engagées dans la même aventure. A nous de relever les défis du XXI ème siècle, dans la lignée de nos devancières. »

« Petite Histoire de la Ferme à Kermaria  » (Avril 2022)

2 Commentaires

  1. J’ai regardé avec attention ces images qui relatent l’histoire de Kermaria. Très beau et intéressant àa lire. Félicitations aux auteurs(trices) et aux figurant(es).

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  2. Je ne sais qui a écrit cet article anonyme et pris ces merveilleuses photos, mais ça retrace parfaitement la fête du 11 septembre à Kermaria. J’ai vraiment revécu cet après-midi festif. Merci merci. .. on attend la suite avec impatience. Pour ma part j’avais entrainé 2 soeurs de Fougères. elles ont beaucoup apprécié et en plus elles m’ont fait un commentaire inattendu qui m’a fait bien plaisir : ce qui nous a frappées m’ont-elles dit, c’est l’esprit de fraternité qu’il y a entre vous. chaque fois qu’on rencontrait un soeur c’était « Bonjour une telle, comment vas -tu . et on sentait toute l’amitié qu’il y avait entre vous…

    Réponse

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