La joie d’être appelée « Ma fille »

 

En cette octave de Pâques, Sœur Ruthina Francis, en mission en Côte d’Ivoire, nous partage comment elle a joué le rôle de médiatrice pour aider une jeune fille de 15 ans sur le cheminement spirituel de la conversion.

 

La conversion

 

Le cheminement spirituel d’une personne très profondément touchée par Dieu, peut l’aider à grandir dans la foi tout au long de la vie et être une force incroyable, pouvant agir sur la conscience. Autrement dit, le cœur et la mémoire peuvent être touchés par la honte et conduire à une belle conversion. Le 5ème dimanche de carême 2021, la première lecture de Jérémie 31, 31-34 nous rappelait que le Seigneur dit : « Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés ». Ce jour a mis en mouvement Léa âgée de 15 ans, élève dans un lycée de Daoukro pour une démarche de conversion.

 

Enchaînée par ses péchés

 

Léa, que je n’avais jamais rencontrée avant, est venue à la communauté, pour me rencontrer. Tout heureuse d’accueillir une jeune fille après la Messe, croyant qu’elle pense peut-être à la vie religieuse, je suis vite venue à sa rencontre pour l’écouter. En l’approchant, je vois une fille triste, bouleversée, culpabilisée, qui n’arrivait pas à dire ce qu’elle voulait et la tête baissée tout au long de notre conversation.

 

Soudain avec un peu d’encouragement, Léa en pleurant me demande : « Ma Sœur j’aimerais que tu demandes pardon à mon voisin pour moi car j’ai volé 2500 cfa, il y a 3 jours et maintenant il accuse ses enfants. J’ai honte de moi-même, c’est la première fois et je ne dors plus. J’avais besoin de payer mes documents pour l’école. Ma mère ne travaille pas et n’avait pas d’argent. Je veux que tu demandes pardon pour moi ». Cette jeune était vraiment culpabilisée et embarrassée par ce vol qui la rongeait et l’empêchait d’être une fille heureuse.

 

Pardon, j’ai péché

 

En même temps, il lui était difficile de porter ce fardeau et elle refusait de rester esclave de son vol. Léa veut être libérée, mais a besoin d’un appui pour l’aider à demander pardon. Une demande de pardon comme la confession du pécheur : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour… », Ps 51.

 

Elle n’a pas peur de confesser sa culpabilité. Cependant, je suis un peu perdue par ce qu’elle me demande et mon rôle dans cette demande de pardon. Mais touchée par cette humilité de Léa, son effort pour retrouver sa dignité et sa paix intérieure, je ne pouvais pas refuser. Je devais être la médiatrice entre la pécheresse et celui qui a été volé. Quelle tâche !!! Quoi dire !!!

 

 

La liberté et la joie d’être appelée « Ma fille »

 

Comme « brise-glace » pour cette démarche de réconciliation, face au monsieur, quel autre texte utiliser sinon celui du Père qui pardonne, dans Luc 15. Ce Père qui laisse sa porte ouverte, pour accueillir son fils prodigue tout en lui accordant le pardon. Ensuite j’ai demandé pardon pour Léa auprès du monsieur comme Moïse, Exode 32, 11-14, qui implore Dieu pour son peuple.

 

« Je te pardonne »

 

 

Le monsieur comme un père aimant regarde Léa et lui dit : « Je te pardonne car moi aussi, j’ai commis beaucoup d’erreurs dans ma vie et c’est grâce à Dieu que je suis là aujourd’hui et je ne peux pas, ne pas te pardonner ». En donnant une poignée de main à Léa il dit : « Tu es ma fille et je te pardonne mais ne recommence plus ». Léa, ayant été pardonnée, est devenue une fille nouvelle, car elle avait besoin de ce pardon. Cette démarche, pour retrouver la paix et la dignité, a été suivie du sacrement de réconciliation.

 

 

 

 

C’est dans cette histoire de conversion qu’un texte de Mère Marie de Saint Charles prend sens:

 

« Quand il vous arrive de tomber en quelque faute,

humiliez-vous-en dès que vous vous en apercevez,

mais d’une humilité toute amoureuse

et reprenez votre course vers Dieu

avec plus de courage que jamais. »

D.S. 14 avril 1881

 

 

Sr Ruthina Francis fj

Côte d’Ivoire

 

2 Commentaires

  1. beau témoignage, merci

    Réponse
  2. Merci pour ce beau témoignage Rhutina, J’ai admiré autant la petite Léa que le brave Monsieur qui, pour l’encourager, commence par s’ accuser lui-méme. puis lui prend la main et pardonne de tout son bon coeur en lui disant: »Tu es ma fille « .J’en ai eu les larmes aux yeux! Merci à toi aussi d’avoir su faire l’intermédiaire. C’est beau!

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Un peu
d'histoire

Notre
Spiritualité

Rejoindre
notre famille

Nos
communautés

Newsletter

Inscrivez-vous si vous désirez recevoir la lettre d’information de la Congrégation

Share This