Homélies de Jean Michel Grimaud (Père Abbé de Landévénnec

St Joseph Kermaria

« L’ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils auquel tu donneras le nom de Jésus… Quand Joseph se réveilla il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit ».

Ne trouvez-vous pas chers frères et sœurs, qu’il y a comme un parallèle entre ce récit qu’on peut appeler récit de la vocation de Joseph et le récit de la vocation d’Abraham au chapitre 12 de la Genèse ? C’est d’ailleurs peut-être ce que la seconde lecture tirée de la lettre de saint Paul aux Romains veut nous suggérer quand il y loue la foi d’Abraham !

Comme pour Abraham, en effet, la Parole du Seigneur surgit dans la vie de Joseph de façon inattendue, comme d’ailleurs déjà au premier jour de la Création quand elle surgissait du grand silence primordial pour faire jaillir la vie : « Dieu dit, que la lumière soit ! » ; « Dieu dit , Abraham, Quitte ton pays, ta parenté, ta famille et va vers le pays que je te montrerai »; « L’ange du Seigneur dit : Joseph, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse… »

Et la lumière fut ; et Abraham partit ; et Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit ! Ainsi avant d’être une parole de salut, de consolation, la Parole de Dieu apparaît comme une parole créatrice, qui ouvre un avenir dans une situation d’impasse, une parole qui appelle et suscite la vie, et donc nécessairement, une parole qui sollicite la foi, une parole qui invite à oser le beau risque de croire !

C’est ce qui se passe pour Joseph en ce grand moment de commencement qu’est l’annonce de la naissance du Sauveur : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse ; l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit saint ; elle mettra au monde un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, Dieu-Sauve ». La foi de Joseph comme l’avait été avant lui celle d’Abraham, est sollicité de manière absolue, en dépit de toutes les apparences contraires ! Mais parce qu’il est un homme juste, comme l’indique Matthieu, et que le juste, nous a dit Paul, vit de la foi, c’est à dire, ne s’arrête pas aux apparences souvent trompeuses, mais fonde son jugement sur la foi, c’est à dire sur l’au-delà de la capacité simplement humaine de discerner et de voir, alors il accorde foi à la parole de l’ange, lui annonçant que l’enfant de Marie vient du Seigneur.

Joseph 1

Matthieu a la grande pudeur de ne pas nous dévoiler ce qui a pu traverser le cœur de Joseph en apprenant la situation de Marie, ni de quelle nuit l’a sortie la parole de l’ange. Il semble lui suffire de nous indiquer, et le consentement de Joseph au projet divin et la force de sa foi.

 

L’appel de Dieu nous pousse toujours sur des chemins inattendus, déconcertants parfois, et c’est bien le cas pour Joseph, mais toujours sur des chemins tournés vers la vie, vers une vie en plénitude. Par le consentement de Joseph associé au « Oui » de Marie, c’est le dessein de salut qui peut se réaliser, la venue du Messie, Jésus, le sauveur du Monde !

Remarquons que l’appel du Seigneur n’arrache pas Marie à Joseph. Au contraire, le messager divin confirme bien qu’elle est et demeure son épouse : « ne craint pas de prendre chez toi Marie ton épouse ». L’amour qui a certainement lié Marie à Joseph, – la délicatesse avec laquelle il voulait plus tôt se séparer d’elle le suggère -, cet amour humain, Dieu le respecte et le confirme… même s’Il appelle Marie et Joseph à le vivre et le déployer de manière inattendue, inouïe. Mais d’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ? Quand Dieu vient toucher la vie d’un homme, d’une femme, d’un couple, n’est-ce pas pour les conduire au-delà de leur simple regard humain sur la vie ? Dieu est Celui qui vient faire éclater les limites de notre humanité pour en faire vivre la dimension divine, la dimension d’alliance avec Lui, dimension qui ouvre nos vie sur l’infini de son amour.

Alors rendons grâce à Dieu ce matin pour Joseph qui a su s’ouvrir à l’infini de l’amour de Dieu et qui a cru en la Parole qui lui fut dite de la part du Seigneur ! Comme Marie, et pourquoi pas à son école !

Rendons grâce à Dieu pour Joseph qui en donnant à l’enfant né de Marie son Nom : Jésus, et en assumant avec elle la charge de le faire grandir en sagesse et en Grâce s’est montré digne de la confiance de Dieu, qui le premier d’une certaine manière à cru en Joseph !

Et rendons grâce aussi, chers sœurs, en ce jour de fête de votre famille religieuse qui, fort à propos, s’est placée sous le patronage de saint Joseph, pour, comme le dit votre Règle de 1842, « honorer l’humanité sainte du Fils de Dieu ». C’est bien, en effet que ce fit Joseph et la voie sur laquelle son exemple vous encourage.

Belle fête de saint Joseph à tous et à toutes

 

AMEN


Kermaria 008

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Publié dans Au rythme de la liturgie., Evènements
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