« Comment ça va chez vous? »

 

Les coordinatrices de l’équipe web des Filles de Jésus partagent sur la façon dont les restrictions du Covid 19 affectent la vie des Soeurs dans leurs pays.

 

Province France-Belgique – Paris

 

Un flash rapide d’une capitale transformée en ville fantôme. Sans étudiants, écoliers ou touristes aux alentours et avec presque tous les commerces fermés, le quartier est pratiquement déserté. On se tient bien à la rue d’Arras et on vit l’enfermement du mieux qu’on peut. Quand nous pensons à ceux qui sont confinés dans un petit appartement, nous remercions Dieu pour le jardin et un aperçu du ciel bleu au-dessus du béton.

Nous sommes de tout cœur avec les sans-abris qui nous entourent. La Ville de Paris et les différentes associations sont désormais préparées à leur venir en aide, mais les deux premiers jours ont été incroyablement difficiles. Où est-ce qu’on mange ou boit quand les restaurants solidaires sont fermés, et la Ville a arrêté les fontaines ? On fait quoi pour prendre une douche ou pour aller à la toilette quand les bains publics et même les « sanisettes » dans la rue sont fermés? Où passe-t-on la journée lorsque les centres d’accueil, les bibliothèques et les parcs sont fermés ? Comment obtient-t-on une attestation pour circuler lorsque on n’a pas d’ordinateur ou d’imprimante ? Comment reste-t-on chez soi quand on n’a pas de maison – on se limite à un carré de trottoir ?

À la Bagagerie où je suis bénévole, nous maintenons un service minimum avec une personne autorisée à entrer à la fois. Nous pouvons au moins aider avec les attestations, fournir une toilette et de l’eau potable. Une voisine qui habite en face vient chaque soir avec des thermos de soupe et de café. Des petits gestes mais des gestes de solidarité, qui leur disent : « Non, vous n’êtes plus les grands oubliés ».

Sr Rhona Burns

 

Communauté rue le Déan, Quimper

 

 

Ici à la communauté de la rue le Déan, à Quimper, c’est l’heure du jardinage, des murs à entretenir, mais aussi du bricolage. St Joseph avait besoin d’un bon dépoussiérage et remise à neuf. Et tout cela sous le soleil et dans la bonne humeur ! Durant ce temps Sr Nathalie a travaillé à Kermaria auprès de nos Sœurs de St Joseph, un travail finalement très prenant et sans répit.

Sr Marie-Renée Kervarec

 

Province Angleterre

 

En Angleterre le Covid 19 a ravivé les souvenirs du rationnement pendant la deuxième guerre mondiale et beaucoup de gens ont commencé à se provisionner contre un confinement de longue durée.

Tout cela nous pose des questions :

  • « Premier arrivé, premier servi et chacun pour soi ? »
  • « Est-ce que nous accumulons ou est-ce que nous partageons – notre nourriture, notre temps, notre disponibilité ? »

Comment ça va chez vous pour acheter des rouleaux de papier toilette ? Ils sont presque inexistants ici. Heureusement j’avais déjà commencé à en faire des stocks et j’ai même acheté du lait longue conservation. Lentement, nous nous rendons compte que nous sommes dans une sorte de guerre et de rationnement – on a déjà vu des bagarres dans les supermarchés ! Nous sommes dorénavant limités à ce que nous pouvons porter – 2 de chaque article. A la caisse du supermarché TESCO ils reprennent le surplus que les personnes ont mis dans leurs chariots et les caisses libre-service sont fermées.

Mais la solidarité voit le jour. Lorsqu’il s’agit d’une catastrophe nationale, le gouvernement organise des réunions « COBRA » dans la salle de briefing du Premier Ministre. Ici, à Westgate on Sea, où nous avons deux communautés et des Sœurs dans une maison de retraite, les habitants ont créé un « WOBRA ». Ils ont une liste de magasins qui feront des livraisons à domicile, et un plan divisée en zones pour que les volontaires puissent proposer aux personnes âgées des services tels que des courses ou des appels téléphoniques amicaux. En plus de rester en contact avec les Sœurs je soutiens une jeune femme qui est en formation avec moi et qui souffre de l’anxiété. Je la soutiens par des courriels, des histoires drôles, etc.

Sr Mary Clare Mason

 

Province Africa – Cameroun

 

 

Ici à Yaoundé nous sommes confinées et ne sortons que pour les courses nécessaires. Les visites à la communauté sont filtrées. Nous avons demandé à notre cuisinière de rester à la maison, pour sa protection et la nôtre. Les jeunes privées de leur travail à l’extérieur assument volontiers les tâches ménagères. Et les aînées mettent les mains à la pâte aussi. Nous participons à l’Eucharistie et au chapelet à l’aide de KTO, chacune selon sa convenance.

Un informaticien que nous connaissons bien, ayant de jeunes enfants à la maternelle, est en train d’inventer avec les maîtresses un support virtuel pour permettre aux enfants de conserver les acquis et de progresser dans leur scolarité.

Sr Patricia Pellerin

 

Région Amérique latine

 

 

 

En tant que Région d’Amérique latine, nous suivons les normes de sécurité, fournies à la fois par le gouvernement national et le Secrétaire à la Santé.

Cette période de quarantaine nous encourage à ne pas nous isoler de la réalité difficile que vit le monde entier. Notre prière communautaire nous permet de nous unir à l’humanité souffrante, à la lumière de la Parole qui nous conduit à la confiance et à l’abandon à Celui qui peut tout faire, le Père de la miséricorde. De la même manière, les Sœurs qui travaillent dans le domaine de la santé continuent à offrir ce service à ceux qui en ont le plus besoin.

Dans nos paroisses aussi, on célèbre la Sainte Eucharistie par la télévision, un espace qui nous permet d’être en communion avec toute notre Eglise. De la même manière, un sentiment de solidarité et de partage a été éveillé tant de la part de l’Église catholique que du gouvernement national avec ceux qui en ont le plus besoin. Ainsi, nous nous unissons dans la prière avec toute l’humanité.

Srs Floriselva Corrales Baca et Isemane Magis

 

La province Canada

 

 

 

Comme tout le monde, nous, les Filles de Jésus, prenons nos précautions pour ne pas nous trouver sur la route du virus. Les personnes vivant en résidences sont les plus touchées parce qu’elles ne peuvent recevoir aucune visite, mais elles sont encouragées à sortir marcher pourvu qu’elles ne sortent pas de la propriété. Cependant à Lokia, aux Trois Rivières, les personnes qui vont marcher dehors doivent être accompagnées, ce qui est difficile pour celles qui sont normalement autonomes.

Pour répondre à la demande de distanciation, à Riverview, les tables de la salle à manger n’accommodent que deux personnes au lieu de quatre et elles sont éloignées les unes des autres. Cependant, à partir de lundi, 30 mars, les résidents de Royal Court, Moncton, n’iront plus à la salle à manger, les repas leur étant apportés à leur appartement. Grâce à ces mesures, à date nous ne comptons aucun cas du virus parmi nos sœurs au Canada. Malgré les inconvénients, elles sont plutôt reconnaissantes du souci dont elles font l’objet.

Cette période de très grandes restrictions fait ressortir ce qu’il y a de meilleur chez certaines personnes. Faute de visiter des personnes seules et vulnérables, un appel téléphonique vient briser leur solitude et les rassurer qu’elles ne sont pas oubliées. Il y a aussi d’autres personnes qui affirment que cette pandémie peut être une bénédiction cachée, en nous sortant de nos égoïsmes pour nous tourner davantage vers les autres.

Sr Catherine Cormier

 

3 Commentaires

  1. Je suis en communion avec toutes les sœurs de la congrégation.
    Je prie pour vous.
    Ensemble, grandissons dans la foi avec ce fameux virus…
    Le Seigneur est toujours avec nous.

    Réponse
  2. Bonjour, comme associée, je m’unie dans la prière avec toutes mes sœurs Filles de Jésus ainsi que mes sœurs et frères associés dans le monde qui vivent ce confinement. Ces moments de solitude nous permettent de grandir dans la solidarité les uns envers les autres et de partager un soutien par la prière et la communication. Union de prière pour tous ceux et celles qui sont malades ou qui meurent à cause de COVID 19. THÉRÈSE MOISAN, TROIS-RIVIÈRES

    Réponse
  3. Bonjour Soeurs et associés d’ici et de partout !
    Avec Marie, on garde le fil avec Kermaria, nous ne serions pas hors du kilomètre autorisé pour nos promenades, nos pas nous mèneraient vers l’oratoire de Saint Joseph, et du grand portail nous jouerions de la trompette pour nous faire entendre…
    Tenons bon ensemble dans l’union de prière et la confiance, sans oublier la petite Soeur Espérance ! Tous ensemble oui !
    Yves et Marie

    Réponse

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