Rejoignez Sœur Mary Clare, du district d’Angleterre, alors qu’elle revient sur son expérience de la célébration de ses 60 ans de vœux à Kermaria et se remémore sa première visite à la maison mère
Célébrer mon jubilé de diamant à notre maison mère, Kermaria, m’a donné l’occasion de repenser à ma première visite à Kermaria il y a 60 ans.
« Bienvenue chez vous »
Nous étions six à prononcer nos premiers vœux à Massingham, en Angleterre, le 25 juin 1966. Nous étions les premières à faire notre noviciat en Angleterre après celles qui l’avaient fait pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il était impossible de se rendre en France. Peu après, nous nous sommes rendues en France où Sœur Anne-Marie Chiasson, membre du Conseil général, nous a accueillies à la gare de Vannes et nous a souhaité la « Bienvenue chez nous ». Sœur Anne-Marie était une Canadienne bilingue qui entretenait des liens étroits avec la Province anglaise et mettait tout en œuvre pour que la langue anglaise ait sa place au sein de la Congrégation.
Notre visite s’est rapidement transformée en un circuit historique à travers Kermaria et ses environs, car tout ce que nous avions entendu dire sur la maison mère pendant le noviciat est vite devenu réalité pour nous. Les Sœurs françaises ont tout mis en œuvre pour que nous nous sentions comme chez nous, en veillant à ce que nous ayons des cornflakes au petit-déjeuner et du thé à boire, même si on nous avait encouragées à adopter le mode de vie français, comme boire du café dans un bol à l’aide d’une grande cuillère

Lieux de pèlerinage



En 1966, nous avons visité la Sainte Famille, la maison d’accueil pour nos sœurs âgées et infirmes. Soixante ans plus tard, cet endroit a de nouveau figuré dans mon pèlerinage, tout comme une visite au cimetière et à la grotte de saint Joseph. Ces lieux m’avaient profondément marqué, et j’y retourne toujours pour dire, « Merci ».
Un appel à la réflexion

Les cloches de la chapelle ont sonné, nous appelant à la messe solennelle. J’y ai retrouvé le même lieu de calme profond qu’il y a 60 ans. Malgré la fragilité due à l’âge, les voix résonnaient avec clarté et fraîcheur, donnant vie à la liturgie.
Dans son mot de bienvenue, Sœur Anne Thirion, Provinciale de France, nous a invités à réfléchir sur ce que nous célébrions à Kermaria : –
- un lâcher-prise qui ouvre un espace à la volonté du Père.
- une paix du cœur qui ne connaît pas de frontières,
- un goût du pardon qui nous permet d’avancer sans scrupules,
- un désir de vivre la fraternité et de trouver de la joie dans les rencontres fortuites



Après la messe, autour de l’apéritif habituel dans la cour intérieure, nous avons pu renouer avec les Sœurs qui avaient fait le déplacement pour être parmi nous, avant de nous attabler pour un magnifique repas dans la Salle du Sacré-Cœur.

C’est le même charisme qui nous unit
La présence de Sœurs issues d’autres entités m’a rappelé à quel point la Congrégation s’était développée dans sa mission en s’étendant depuis la Bretagne. Elle a toutefois conservé son charisme de simplicité. Comme le disait Sœur Anne-Marie Chiasson : « Une Fille de Jésus est une Fille de Jésus partout ».



Autrefois, on entendait raconter des anecdotes sur les novices anglaises pendant leur séjour en France. Chaque fois qu’un objet était perdu ou retrouvé, on supposait qu’il appartenait à « nos Sœurs anglaises ». Soixante ans plus tard, les sœurs ont demandé des nouvelles de certaines Sœurs anglaises.
L’esprit de la Congrégation est toujours vivant

Kermaria a changé en raison de circonstances indépendantes de notre volonté, mais d’une certaine manière, c’était comme si rien n’avait changé. Nous nous étions réunies pour célébrer, dans un esprit d’action de grâce, les 25 à 80 dernières années de service en tant que Filles de Jésus dans la Vigne du Seigneur, que ce soit en France ou ailleurs. L’esprit de la Congrégation était toujours vivant et continuait d’imprégner nos vies.
Sr Mary Clare Mason fj
Westgate-on-Sea, Angleterre

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