Honorine HELIAS (Marie Sainte Aléna)1917-2017

 

Honorine HELIAS, en religion Sœur Marie Sainte Aléna, est décédée ce  8 mars 2017, à la Sainte Famille, à l’âge de 99 ans, dont 81 années de vie religieuse.

 Honorine HELIAS – le 10 Mars 2017

Honorine Hélias est née le 16 Décembre 1917 à Tréogat Finistère, dans une famille de cultivateurs qui comptait déjà 7 enfants. Elle sera la huitième et la 2ème fille et sera suivie par son frère Michel, qui deviendra prêtre. La famille très chrétienne donnera à l’Eglise, un prêtre, un frère de St Gabriel, une religieuse et un frère célibataire qui travaillera au service de son cadet dans les paroisses au sein de la mission de France.

Honorine nous parlait quelquefois de sa naissance compliquée car prématurée, en plein hiver pendant la guerre de 14-18. A l’époque il n’y avait pas de couveuse pour l’accueillir et sa mère a dû faire preuve de beaucoup d’ingéniosité et d’amour pour la garder en vie. Sans doute marquée par ces débuts difficiles dans la vie, Honorine a gardé toute sa vie un tempérament énergique, de battante. Elle avait 6 ans lorsque le père de famille est décédé. Aidée de ses aînés, la mère de famille a dû faire face, et Honorine se rappellera toujours avec tristesse de ces années difficiles pour sa mère, tout en soulignant la joie de vivre dans une fratrie nombreuse, majoritairement masculine, avec toutes les taquineries qui en résultaient pour la petite sœur. Pas étonnant qu’elle soit devenue une femme forte, une maîtresse femme !

Elle est rentrée au postulat de Kermaria en 1934 et a fait profession religieuse en 1936.

Elle a obtenu le diplôme d’état en 1940 après ses études d’infirmières à Nantes

Ses obédiences ont été diverses : dans des hôpitaux, au 233 à Vannes hôpital militaire, en Belgique, en hospice à Pontivy… En 1964 elle a eu son diplôme de cadres. Mais elle s’est surtout épanouie comme infirmière à domicile. Elle a beaucoup aimé son métier et a gardé des liens avec certains de ses anciens malades qui encore ces dernières années, lui écrivaient ou lui téléphonaient.   

Elle a arrêté son activité professionnelle à 74 ans dans l’Eure et Loire où elle est restée 19 ans comme infirmière à domicile. Mais elle reprendra du service à Kermaria pendant 8 ans au service de ses sœurs.  Enfin en 2000 elle est vraiment en retraite et retourne dans le centre de la France à Chevannes où elle exerce différentes activités apostoliques et se fait encore beaucoup d’amis.  En 2005 elle rejoint la communauté d’Elizen à Kermaria. Ses dernières années ont été une « vie montante ».  Nous l’avons vue vieillir avec sérénité, accepter de ne plus conduire, sans un mot de regret, sans un regard en arrière.  Très relationnelle Elle souffrait de sa surdité.  A la première alerte grave de santé en 2016, elle a reçu le sacrement des malades entourée de la communauté d’Elizen, nous a demandé pardon avec humilité et ensuite nous a quittées pour la communauté de Pierre Noury, sans une plainte. Elle cachait ses difficultés et ses souffrances sous beaucoup d’humour. Même dans des situations douloureuses elle avait le mot pour rire. Ainsi quand je suis allée la voir en janvier dernier à l’hôpital après son AVC, en lui disant avec tristesse, « L’année dernière j’étais déjà près de toi ici, et te voilà revenue, elle me répond du tac au tac, « c’est que l’auberge était bonne ! « . La première chose qu’elle me dit lorsqu’elle est arrivée à la Sainte Famille « tu vois je suis encore vivante ! » Oui, elle aimait la vie, et désirait beaucoup célébrer son centenaire.

Tu n’as pas eu cette joie Honorine, mais nous garderons de toi le souvenir d’une femme généreuse, heureuse de vivre, énergique, joyeuse, et profondément fidèle au Christ.

Toi qui étais si pudique pour ta vie spirituelle, pardonne-moi de lire, pour terminer, cette note trouvée dans tes papiers personnels « Je sais que le grand âge est don à faire fructifier, souvent dans le silence. Cà me permet de relire le passé, d’y mettre de l’ordre, de regarder l’essentiel. Etat d’abandon, de dépouillement, c’est la route dont le but est de tout laisser. La solitude, la non existence, l’inutilité qui engendre tristesse et amertume est un moyen et un temps donné pour réaliser ce à quoi je me suis engagée par les vœux, vivre aujourd’hui la pauvreté ».

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Publié dans Biographie des soeurs