Homélies du Père Larvol (19 mars 2015)

Homélie de la Célébration eucharistique

Chères sœurs , Filles de Jésus de Kermaria et vous tous Frères et sœurs ici présents, en ce jour de fête et de joie au cœur du Carême qui nous achemine vers la joie pascale, vous n’avez pas attendu que le nom de St Joseph soit tout récemment ajouté aux prières eucharistiques dites « nouvelles » pour vous confier au charpentier de Nazareth et vénérer fidèlement celui qui est devenu le saint Patron de votre Congrégation. Chaque année, vous célébrez solennellement sa fête, et moi, aujourd’hui, je rends grâce, tout spécialement en cette année de la vie consacrée, pour la beauté et la fécondité de votre œuvre.
En vos périodes de fondation au 19ème siècle, Monsieur Noury humble et modeste recteur de Bignan, Perrine Samson et la poignée de filles qui se consacrèrent à Dieu et à l’éducation des enfants de la campagne n’imaginaient sans doute pas que vous porteriez un jour le témoignage de l’évangile bien au-delà de la Bretagne, en Belgique, en Angleterre, au Canada, en Afrique, en Amérique latine, en éduquant des enfants et en soignant des malades ou encore en vivant en communauté de sœurs au milieu des quartiers populaires dits sensibles ! Ils n’imaginaient pas non plus que vous seriez présentes aux joies, bien sûr, mais aussi aux épreuves et aux drames de notre histoire comme vous avez su l’être, par exemple, à la 1ère guerre mondiale, il y a 100 ans ; l’exposition que vous avez réalisée pour faire mémoire de ce passé en est un beau témoignage.
Nos communautés ecclésiales (diocèses et paroisses, congrégations religieuses et mouvements d’Eglise, services et institutions) ont aujourd’hui bien des passages à vivre et de nouveaux chemins à ouvrir pour une évangélisation toujours nouvelle. Vivons-les dans la confiance et l’espérance à la manière de St Joseph ; sa mission et son itinéraire n’ont pas été exempts de doute ni d’interrogations comme le suggère l’évangile que nous venons d’entendre ; mais Joseph le charpentier de Nazareth a cru au Dieu de la promesse comme Abraham devenu « le père d’un grand nombre de peuples ». Il a cru comme le dit l’épître aux Romains en Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’était pas ! » Pour ouvrir dans ce monde qui en a tant besoin des chemins d’espérance aujourd’hui et demain, dégageons des textes de la Parole que nous venons d’entendre 3 lignes de force de la personne de « Joseph l’époux de Marie de laquelle fut engendré Jésus que l’on appelle Christ » Joseph , homme d’action ; Joseph, un homme d’écoute ; Joseph, un homme juste.

Joseph, un homme d’action ! L’évangile que nous venons de lire se termine par : « Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit. » Joseph, n’est pas un homme de parole, il est un homme d’action. Les évangiles ne rapportent de lui, aucune parole ; ils nous parlent de son activité. Les destinées de Marie et de Joseph dans le plan de Dieu sont étroitement liées. Tous les deux manifestent une très grande humilité mais de façon différente. Le récit de l’annonciation faite à Marie se termine par le mot FIAT « Qu’il me soit fait selon ta parole ». Mais le récit de l’annonciation faite à Joseph se termine par « il fit ». Cette annonciation lui avait révélé qu’il devait prendre chez lui son épouse Marie. C’est ce qu’il fit. La mission que reçoit Joseph est une mission de veille, de protection. Il doit veiller et protéger Marie et Jésus. Et il le fait comme l’a si bien dit le pape François lors l’inauguration de son Pontificat le 19 mars 2013: « Il est auprès de Marie, son épouse dans les moments sereins et dans les moments difficiles, dans le voyage de Bethléem pour le recensement et dans les heures d’anxiété et de joie de l’enfantement ; au moment dramatique de la fuite en Egypte et dans la recherche inquiète du Fils au Temple et ensuite dans le quotidien de la maison de Nazareth, dans l’atelier où il a enseigné le métier de charpentier à Jésus » Une question pour nous ; comment cette mission confiée à Joseph d’être le protecteur, le gardien et celui qui veille, s’étend-elle en ce temps que nous vivons à différents domaines de notre existence, à notre église en état de mission, à notre monde avec ses drames et ses dynamismes, à nos familles qui peuvent s’inspirer du modèle de la Ste Famille. « Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit » Et nous, que faisons-nous ?
Joseph, un homme d’écoute. Sa vocation et sa mission, Joseph les a vécues dans le silence. Il n’a prononcé aucune parole ; les évangiles ne nous en rapportent aucune. Le silence chez Joseph est peut-être ce qui parle le plus chez lui. Et voici pourquoi : Joseph est complètement soumis à la volonté de Dieu sur lui, au dessein du salut de dieu sur lui, sur Marie et sur Jésus et par eux, sur toute l’humanité. Il a écouté la Parole de Dieu et lui a répondu en faisant tout ce qui lui était possible de faire pour la mettre en œuvre. Il s’est rendu disponible à cet appel et a cherché non pas à accomplir sa volonté, mais à faire celle de Dieu. Cette attention à la Parole de Dieu a rendu Joseph attentif à celles et ceux qui lui sont confiés, à celles et ceux qui l’entourent. L’appel de Dieu lui a demandé de centrer sa vie sur une personne : le Christ. C’est lui qui est la préoccupation première de Marie et de Joseph. C’est pour lui qu’ils ont accepté d’accueillir la grâce de Dieu pour accomplir au mieux leur vocation. Saint Joseph, là aussi, doit être notre modèle. « En lui, nous voyons comment on répond à la vocation de Dieu, avec disponibilité, avec promptitude, mais nous voyons aussi quel est le centre de la vocation chrétienne : le Christ » (Pape François 19 mars 2013) En cette fête de St Joseph, le silencieux, ne sommes-nous pas appelés à entendre la volonté de Dieu sur nous dans le silence et la méditation ?

Joseph, un homme juste ! « En raison de sa foi, Dieu a estimé qu’il était juste » C’est encore la lettre aux Romains qui nous le dit. Et on lit dans l’évangile que nous avons entendu : « Et Joseph, son époux, qui était un homme juste ! » Ce mot là dit tout ! Même si Joseph est totalement soumis à la volonté de Dieu sur lui, cela ne l’empêche pas de faire des plans, des projets qui lui apparaissent raisonnables. Il n’attendait pas que Dieu vienne lui dicter sa conduite. Le texte nous fait comprendre que Joseph réfléchissait à sa situation et ne voyait que la solution de se retirer discrètement et rendre la liberté à Marie secrètement. Il fallait renoncer au projet de son choix de vivre avec Marie. L’autre question qu’il devait se poser : comment arranger cette situation sans faire e tort à celle qu’il aimait ? Nous aussi, parfois nous nous trouvons face à des décisions graves : faut-il intervenir ? faut-il se taire ? Peut-on tout tolérer ? Ce qui doit nous guider c’est encore St Joseph ; il n’a pas voulu faire de tort à Marie. Ne pas faire de tort : c’est aussi un critère pour nous lorsqu’il faut décider de nous taire ou de parler. C’est toujours après que Joseph eût pris sa décision que Dieu intervient. Est-ce pat voie d’illumination intérieure, est-ce par écoute profonde et recherche que Joseph a pu vivre en homme juste ? Puisse cette écoute profonde de Dieu à travers de nombreuses méditations, être la nôtre aujourd’hui.
Homme d’action, homme d’écoute, homme juste.… voilà St Joseph que nous pouvons contempler à travers le peu que les Ecritures nous en disent. Mais « ce peu » est vital aujourd’hui encore pour que chacune et chacun à notre place, en Eglise, grande famille des enfants de Dieu, nous puissions témoigner de Celui auquel Joseph a donné son nom : Jésus, c’est-à-dire le Seigneur sauve. Amen !

Homélie prononcée lors des Vêpres du 19 mars

« Le Maître, c’est le christ, vous êtes à son service ». Voilà ce que vient nous dire St Paul dans sa lettre aux Colossiens. Oui, frères et sœurs, à l’image de saint Joseph, prenons bien soin de mettre le Christ au centre de notre vie. Cette dernière aura alors un axe fort, solide qui lui permettra de tenir debout quelques soient les événements qui nous touchent. Confions-nous sans crainte, à ce protecteur, homme d’action, homme d’écoute et homme juste, comme j’ai essayé de vous le partager ce matin. Dans sa belle exhortation apostolique datée du 15 août 1989, « Redemptoris Christos », « St joseph dans la vie du Christ et de l’Eglise », saint Jean Paul II évoque, en la personne de Joseph, le gardien de Marie et de Jésus ; mais c’est une garde qui s’étend ensuite à l’Eglise : « Saint Joseph a pris un soin affectueux de Marie et s’est consacré avec joie à l’éducation de Jésus Christ, de même il est le gardien et le protecteur de son Corps mystique, l’Eglise, dont la Vierge sainte est la figure et le modèle ». Le pape François a repris ces termes dans l’homélie de la célébration de l’inauguration de son pontificat, il y a juste deux ans.

Gardien et protecteur de l’Eglise qui est le Corps mystique du Christ !
Comme Joseph a gardé et protégé l’Enfant-Jésus, présence réelle de Dieu sur la terre, il continue à garder et à protéger la présence du Père à l’humanité rendue visible et efficace par l’Eglise sacrement, c’est-à-dire signe de salut en Jésus-Christ. Oui, frères et sœurs, par l’intercession de Saint Joseph, prions pour notre Eglise trop souvent malmenée aujourd’hui à travers le monde : je pense aux persécutions subies par les chrétiens d’Orient, en Irak, en Syrie ou encore dans certains pays d’Afrique ; je pense aux populations contraintes à l’exil ; je pense aussi à notre vieille Europe dont beaucoup ne veulent plus reconnaître les racines chrétiennes ; je pense à notre pays même dont plusieurs responsables voudraient cantonner le religieux et les religions à la sphère privée, une manière non déguisée de l’évacuer du champ public. Confions à Saint Joseph l’avenir mais aussi la sérénité présente de l’Eglise.

Protecteur de l’Eglise, Saint Joseph est aussi protecteur de l’humanité.
En effet, l’Eglise est fondamentalement orientée vers l’annonce de la bonne nouvelle à tous les hommes. C’est sa mission et sa raison d’être. Elle ne bénéficie de la protection de Saint Joseph pour la mettre à l’abri des tourments de ce monde, mais plutôt pour lui permettre de porter le témoignage de la foi au milieu des difficultés et des épreuves. Si nous, qui croyons en Dieu, en sa présence, en sa force et en son amour, si nous ne sommes pas capables de plus de calme, de sérénité et de confiance que ceux qui ne croient en rien, quel peut être notre témoignage ? Nous avons besoin de saint Joseph pour être au milieu des hommes des témoins de la sécurité que Dieu apporte à l’humanité.

Protecteur de l’Eglise, protecteur de l’humanité, saint Joseph est aussi le protecteur des familles.
Il veille sur chacune des maisons qui, à l’image de celle de Nazareth regroupe les parents et les enfants. Et nous savons que toutes ces petites communautés sont aujourd’hui souvent bouleversées et travaillées par des forces de division qui remettent en cause la manière même dont les hommes et les femmes de notre temps exercent leur responsabilité de parents à l’égard de leurs enfants. Les familles doivent d=savoir que l’amour est le pilier et le ciment de l’unité. Prions donc saint Joseph pour cette multitude de maisons à travers le monde, pour toutes ces familles, où parents, enfants, jeunes et vieux devraient être unis par le lien de l’amour et sont trop souvent dispersés par l’infidélité ou par l’indifférence.

Enfin, saint Joseph est le protecteur de chacune de nos vies.
De même qu’il a veillé sur Jésus et sur Marie à Nazareth, il nous accompagne dans notre vie, il nous soutient dans nos démarches, il nous réconforte dans nos difficultés il nous stimule dans nos lassitudes, il nous appelle quand nous avons tendance à nous endormir. Il est un père pour chacun de nous.

Oui, célébrons saint Joseph avec confiance et reconnaissance.
Comme il a veillé sur la maison de Nazareth, il veille sur l’Eglise, sur chacune de nos maisons, et sur chacune de nos vies. Il fait grandir en nous la confiance en Dieu qui s’est fait proche de l’humanité, qui a partagé notre condition humaine, qui a voulu connaître tout de notre vie, hormis le péché et qui ne nous abandonne pas. Avançons donc avec confiance quelles que soient les difficultés et les souffrances que nous traversons. Et sachons aussi rendre grâce pour les petites et grandes joies qui nous sont offertes et que nous sommes toujours heureux de partager.
Puisse saint Joseph être notre compagnon de route sur nos chemins de vie et de foi.
Amen

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Publié dans Actualités, Au rythme de la liturgie., Se ressourcer
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