Contexte historique : La Bretagne au temps de la fondation

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Quelques aspects

Au XVIIIème siècle, la situation socio-économique de la Bretagne comporte deux volets très différents:

– Les villes, surtout les villes portuaires, connaissent une incontestable prospérité.

– La campagne a connu un certain développement au XVIème siècle grâce à l’introduction de nouveaux produits et au développement d’une petite industrie liée à l’activité maritime. L’impact social est cependant limité et les paysans ne participent pas au commerce ni aux bénéfices des exportations.

A l’aube de la Révolution française de 1789, la population paysanne bretonne demeure en marge des effets du développement économique et social. Bien que des ordonnances royales imposent l’établissement d’écoles dans toutes les paroisses, le Parlement de Bretagne ne s’en inquiète guère. Seuls 6% des hommes et 1,5% des femmes peuvent signer leur acte de mariage. La masse des paysans reste également abandonnée à son sort pour les soins de santé.

Les effets de la Révolution française sur l’ensemble de la Bretagne sont négatifs: la guerre franco-anglaise ruine les ports bretons et enfonce la campagne dans une misère plus grande encore.

Au XIXème siècle, même si la Bretagne participe au mouvement littéraire et religieux qui se développe en France avec Chateaubriand, Lamennais, Renan, au niveau social etcroix-de-mer_02 culturel, la campagne reste à l’écart et ne bénéficie pas de l’éducation et des soins de santé.

Le peuple breton demeure profondément enraciné dans la foi, dans la fidélité à l’Église catholique et attaché à sa culture . Ce sera l’Église, seule institution présente même dans les coins les plus reculés, qui se chargera de soulager les maux dont souffre la société, en créant des écoles et en assurant le soin des malades.

C’est dans ce contexte que M. Coëffic reprendra le projet conçu par M. Noury à la fin du XVIIIème siècle et dans lequel les premières sœurs s’engageront.

Sous La Révolution française

Au début de la Révolution française de 1789, la Bretagne se montre favorable aux réformes proposées mais cette situation va changer.

L’assemblée constituante exige des prêtres qu’ils prêtent serment de fidélité à la «Constitution Civile du Clergé » qui réorganise le clergé séculier français sur le modèle de l’administration civile et le soumet à l’autorité de l’Etat. Cela divise le clergé : les uns acceptent, les autres refusent et prendront la route de l’exil. Pierre Noury, à l’époque curé de Bignan, sera parmi ceux qui vont choisir l’exil.

La déception des paysans qui espèrent voir s’améliorer leurs conditions de vie, la persécution contre les prêtres réfractaires à « la Constitution Civile du Clergé », la conscription massive pour la guerre contre l’Autriche, provoquent un mouvement de protestation et de rébellion populaire,  » la chouannerie bretonne ». Ce mouvement va laisser des traces de telle sorte que P. Noury, à son retour d’exil, soucieux de prêcher l’apaisement et le ralliement au Concordat signé entre Napoléon et le pape Pie VII, s’affrontera aux responsables de la chouannerie et devra quitter sa paroisse de Bignan. Il deviendra curé de la cathédrale de Vannes.

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